Montbéliard sévit contre les épiceries de nuit. La maire a pris des mesures drastiques, allant jusqu’à l’interdiction d’ouvrir de nouveaux commerces similaires en centre-ville, face à une multiplication des troubles et des infractions.
Deux épiceries de nuit de Montbéliard ont été contraintes de fermer administrativement pour une durée de trois mois, à compter du 16 novembre. Fast Épicerie, située dans le faubourg de Besançon, et AFG shop, rue de la Schliffe, sont les dernières en date à subir les conséquences de la politique de fermeté menée par la municipalité.
Ces fermetures s’ajoutent à une série d’actions déjà entreprises contre d’autres établissements. Easy Market 25, quai des Tanneurs, a été au centre de plusieurs controverses en 2025, débutant par une première fermeture administrative de trois mois en raison de nuisances sonores répétées, de travail dissimulé et d’ouvertures tardives. En octobre, l’épicerie a été la cible d’une douzaine de tirs à l’arme de guerre, entraînant une fermeture pour les besoins de l’enquête. Malgré l’apposition de scellés, l’activité a continué, ce qui a conduit le parquet de Montbéliard à ordonner la soudure des portes avant et arrière pour empêcher toute reprise d’activité.
En avril, l’épicerie Toryalai, rue Viette, avait déjà écopé d’une fermeture administrative pour une longue liste de manquements. Les contrôles avaient révélé la vente de paquets de cigarettes de contrebande, de « miel érectile » (interdit en France), ainsi que des produits d’entretien stockés à proximité des denrées alimentaires. L’établissement était également décrit comme sale, dégageant une odeur pestilentielle, mal aéré et présentant des trous dans les murs, résultat de l’activité de rongeurs qui avaient été bouchés de manière improvisée.
À ce stade, seulement quatre des sept épiceries de nuit situées dans le centre-ville de Montbéliard sont encore autorisées à fonctionner. La maire, Marie-Noëlle Biguinet, a interdit l’installation de nouveaux commerces similaires, soulignant la volonté de mettre fin aux nuisances et aux infractions constatées autour de ces établissements.
« Pour constituer un millefeuille administratif », comme l’a exprimé le procureur de la République Paul-Édouard Lallois, les services de la sous-préfecture ont mené un travail de constatations approfondi, soir après soir, semaine après semaine, afin de justifier ces mesures.
