Publié le 5 janvier 2024 17h58. La danse pourrait bien être l’un des meilleurs moyens de préserver sa santé cérébrale avec l’âge, selon une étude de longue haleine menée par des chercheurs américains. Une activité à la fois physique, créative et sociale, qui réduirait significativement le risque de démence.
- La pratique régulière de la danse (plus d’une fois par semaine) est associée à une réduction de 76 % du risque de démence.
- Une étude menée sur près de 500 personnes âgées de 75 à 85 ans a révélé que chaque activité cognitive stimulante pratiquée une fois par semaine diminuait le risque de démence de 7 %.
- Combiner exercice physique, créativité et défi cognitif semble offrir une protection accrue pour le cerveau.
Si de nombreuses habitudes de vie peuvent contribuer à réduire le risque de démence, une activité en particulier se distingue par son efficacité : la danse. Cette discipline combine plusieurs éléments bénéfiques pour la longévité, notamment l’exercice physique, la créativité, l’équilibre et le lien social. Elle offre ainsi un avantage certain par rapport à d’autres activités physiques plus monotones.
Une étude de référence, publiée en 2003 dans le New England Journal of Medicine, a mis en lumière ces bienfaits. Dès les années 1980, une équipe de chercheurs du Collège de médecine Albert Einstein avait entrepris de suivre l’évolution cognitive de près de 500 hommes et femmes âgés de 75 à 85 ans vivant dans le Bronx. Pendant des décennies, ils ont analysé les données neuropsychologiques et les habitudes de vie de ces participants.
Les résultats ont démontré que chaque activité cognitive stimulante pratiquée une fois par semaine était associée à une diminution de 7 % du risque de démence. Les jeux de société, les mots croisés et autres exercices intellectuels contribuaient ainsi à préserver les fonctions cognitives. Cependant, c’est la danse qui s’est révélée particulièrement efficace. Les personnes qui dansaient fréquemment (plus d’une fois par semaine) présentaient un risque de démence inférieur de 76 % à celles qui dansaient rarement.
Si l’activité physique en général est bénéfique pour la santé cérébrale, la danse se distingue par sa complexité. Elle sollicite simultanément plusieurs fonctions cognitives : suivre un rythme, mémoriser des pas, improviser, s’orienter dans l’espace et interagir avec un partenaire. Ce défi cognitif constant semble offrir un entraînement particulièrement efficace pour le cerveau.
« La danse est un mouvement basé sur la musique qui procure du bien-être et favorise la compagnie », explique le Dr Trisha Pasricha, professeure agrégée de médecine à la Harvard Medical School. Elle recommande d’ailleurs la danse comme thérapie pour les patients atteints de troubles du mouvement, tels que la maladie de Parkinson, et constate des améliorations cognitives même chez les personnes déjà atteintes de démence.
Outre ses effets sur la santé cérébrale, la danse présente d’autres avantages. Une méta-analyse de 2020 portant sur 29 essais randomisés a révélé que les activités sociales basées sur la danse étaient associées à une réduction de 37 % du risque de chutes chez les personnes âgées, ainsi qu’à une amélioration de l’équilibre et de la force musculaire du bas du corps.
Pour ceux qui ne se sentent pas prêts à s’inscrire à des cours, il existe de nombreuses alternatives. Des cours de danse en ligne se sont développés pendant la pandémie et offrent une grande variété de styles et de niveaux. Il est également possible de simplement écouter de la musique, car une étude récente a montré qu’écouter de la musique presque quotidiennement était lié à une diminution du risque de démence.
La musique, en particulier celle qui est syncopée (avec des rythmes décalés), stimule le cerveau en l’obligeant à anticiper les prochains temps et à combler les attentes. Des morceaux comme « Satisfaction » des Rolling Stones ou « Uptown Funk » de Bruno Mars en sont de bons exemples.
En conclusion, il n’existe pas de recette miracle pour prévenir la démence. Les changements cognitifs sont influencés par de nombreux facteurs, notamment la génétique, le mode de vie, le stress, l’alimentation et l’environnement. Cependant, la danse, avec sa combinaison unique d’exercice physique, de créativité et de stimulation cognitive, apparaît comme une option particulièrement prometteuse pour préserver sa santé cérébrale tout au long de la vie.
*Dr. Trisha Pasricha est professeure agrégée de médecine à la Harvard Medical School et chroniqueuse « Ask the Doctor » pour le Washington Post.
Spécial pour le Washington Post.
