Publié le 2025-12-23 02:50:00. Des chercheurs de l’Université technique de Dresde ont mis en lumière un mécanisme moléculaire central dans le développement du cancer, révélant un rôle insoupçonné de la protéine MCL1 non seulement dans la survie des cellules tumorales, mais aussi dans leur métabolisme énergétique.
- Une étude publiée dans Nature Communications établit un lien entre l’évasion de l’apoptose, la dérégulation métabolique et la protéine MCL1.
- L’équipe de recherche a identifié un mécanisme expliquant les effets secondaires cardiotoxiques observés lors d’essais cliniques d’inhibiteurs de MCL1 et propose une approche diététique pour les atténuer.
- Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques et pourraient conduire à des traitements anticancéreux plus sûrs et plus efficaces.
L’étude, menée par le groupe Mildred Scheel Early Career Center sous la direction du Dr Mohamed Elgendy de la Faculté de médecine TUD, apporte un éclairage fondamental sur la biologie du cancer. Jusqu’à présent, la protéine MCL1 était principalement connue pour son rôle d’inhibiteur de l’apoptose, une forme de mort cellulaire programmée. Les chercheurs de Dresde démontrent désormais que MCL1 influence directement le régulateur métabolique central mTOR (mammalian target of rapamycin) et, par conséquent, contrôle la bioénergétique des cellules cancéreuses. C’est la première fois que MCL1 est identifiée comme un régulateur actif de la signalisation cellulaire et des voies métaboliques.
« Nos résultats montrent que MCL1 est bien plus qu’un simple facteur de survie des cellules tumorales », explique le Dr Mohamed Elgendy.
« La protéine intervient activement dans les voies de signalisation clés du métabolisme et de la croissance, reliant ainsi deux mécanismes fondamentaux du cancer. »
Dr Mohamed Elgendy
L’équipe a identifié un lien fonctionnel direct entre MCL1 et le complexe mTORC1 dans divers modèles de cancer. Cette nouvelle voie de signalisation élargit considérablement la compréhension du rôle de MCL1 et ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques. L’étude a également examiné l’effet des inhibiteurs de MCL1, actuellement en cours de développement clinique comme traitements potentiels contre le cancer. Les résultats indiquent que ces agents inhibent également la signalisation mTOR, ce qui est particulièrement pertinent étant donné que les inhibiteurs de mTOR sont déjà utilisés en oncologie.
Une découverte particulièrement significative concerne la résolution d’un problème qui avait jusqu’alors freiné le développement de ces inhibiteurs : plusieurs essais cliniques avaient dû être interrompus en raison d’effets secondaires cardiotoxiques graves. Les chercheurs de Dresde ont identifié un mécanisme moléculaire sous-jacent à cette toxicité et ont développé une approche diététique capable de la réduire considérablement. L’efficacité de cette approche protectrice a été confirmée dans un modèle de souris humanisé innovant.
« Ce travail représente une avancée significative dans notre compréhension des bases moléculaires du cancer », déclare le professeur Esther Troost, doyenne de la faculté de médecine Carl Gustav Carus de la TU Dresden.
« Cette publication de haut niveau, dotée d’un énorme potentiel clinique, démontre une fois de plus que le soutien ciblé de jeunes scientifiques exceptionnels, tel qu’il est réalisé au Centre Mildred Scheel pour jeunes scientifiques, est une condition préalable aux innovations et à la thérapie contre le cancer de demain. »
Professeur Esther Troost
Le professeur Uwe Platzbecker, médecin-chef de l’hôpital universitaire de Dresde, ajoute : « Ce travail de recherche exceptionnel illustre à quel point une excellente recherche fondamentale peut créer des avantages directs pour nos patients atteints de cancer. La solution au problème de cardiotoxicité des inhibiteurs de MCL1 est particulièrement importante d’un point de vue clinique. L’identification du mécanisme sous-jacent et le développement d’une approche de protection alimentaire peuvent désormais ouvrir la voie à des thérapies plus sûres. »
L’étude est le fruit d’une collaboration interdisciplinaire entre divers groupes de recherche et institutions, avec le groupe de travail du Dr Mohamed Elgendy à Dresde jouant un rôle central. Des experts d’instituts partenaires en Tchéquie, en Autriche et en Italie ont également contribué à ce travail. La revue Nature Communications a reconnu l’importance de cette recherche en la sélectionnant comme l’un des articles de recherche exceptionnels sur le cancer sur son site Web « Editors’ Highlights », qui présente les 50 meilleures études actuellement publiées dans ce domaine.
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