Publié le 8 janvier 2026. Un sermon du cheikh Rashid Khan revisite un récit fondateur de l’islam, soulignant l’importance de l’engagement personnel et du courage face à l’adversité, et interpelle les fidèles sur leur propre rôle dans la diffusion de la foi.
- L’histoire d’un compagnon du prophète Mohammed ﷺ qui, après avoir envoyé son frère enquêter sur les nouvelles doctrines à La Mecque, décide de se rendre sur place pour vérifier par lui-même.
- La rencontre fortuite avec Ali ibn Abi Talib (RA) qui, par sa bienveillance et sa patience, guide le compagnon vers le prophète.
- L’affirmation publique et courageuse de la foi du compagnon, malgré les persécutions, et son impact sur la conversion de sa tribu.
Le cheikh Rashid Khan s’appuie sur un récit relaté par l’Imam al-Bukhari pour illustrer la simplicité et la puissance de la propagation initiale de l’islam. Loin des stratégies élaborées, c’est l’engagement sincère et le témoignage personnel qui ont permis à la foi de se diffuser. Le sermon, prononcé le 2 janvier 2026, invite à une réflexion sur la responsabilité individuelle de chaque croyant.
Le compagnon, originaire d’une tribu éloignée de La Mecque, avait d’abord chargé son frère de se renseigner sur l’homme qui se disait prophète. À son retour, le frère avait simplement déclaré : « J’ai vu un homme qui ordonnait le bien et interdisait le mal. » Cette réponse, bien que positive, était jugée trop vague par le compagnon. Il aspirait à une certitude plus profonde, à une compréhension claire de ce que représentait ce nouveau message.
C’est ainsi qu’il entreprit le voyage vers La Mecque, conscient de l’hostilité qui régnait envers le prophète ﷺ. Prudent, il évita de poser des questions directes et se contenta d’observer, de fréquenter le Haram et d’étudier les visages, cherchant celui qu’il était venu rencontrer. Pendant plusieurs jours, il survécut grâce à l’eau de Zamzam, sans nourriture ni soutien, animé uniquement par la patience et la détermination.
Un jeune homme, Ali ibn Abi Talib (RA), remarqua sa présence et, sentant qu’il était un étranger, lui demanda s’il cherchait quelqu’un. Le compagnon admit sa quête sans pouvoir identifier précisément son objectif. Ali, sans l’interroger davantage, fit preuve de gentillesse et l’invita à partager sa nuit. Ce geste de bienveillance se répéta pendant deux jours, avant qu’Ali ne lui demande finalement : « Le moment n’est-il pas venu pour toi de savoir où tu es censé être ? »
Le compagnon se confia alors, avouant sa recherche du prétendu prophète. Ali, ravi, lui proposa de le guider, tout en l’avertissant de faire semblant de ne pas le connaître en présence des Quraysh, afin d’éviter d’attirer l’attention. Ils se déplacèrent avec précaution et finirent par rencontrer le Messager d’Allah ﷺ.
La rencontre fut marquante. Le compagnon demanda au prophète ﷺ de lui présenter l’islam. Après l’avoir écouté, il l’accepta immédiatement. Le prophète ﷺ lui conseilla alors de dissimuler sa foi pour le moment, par prudence. Mais le compagnon, incapable de cacher la vérité, se rendit au milieu du Haram et proclama ouvertement son islam. Il fut attaqué et battu, mais répéta son geste les jours suivants. Finalement, les Quraysh furent contraints de l’épargner, non par compassion, mais par crainte de troubles commerciaux.
De retour chez lui, le compagnon convertit son frère, qui l’accompagna pour convaincre le chef de leur tribu. La moitié de la tribu embrassa l’islam sur-le-champ, tandis que l’autre moitié attendit l’arrivée du prophète ﷺ à Médine pour se convertir à son tour. Cette conversion en entraîna d’autres, dans les tribus voisines.
Le cheikh Khan souligne que ce qui ressort de cette histoire n’est pas tant l’acquisition de connaissances ou d’érudition, mais plutôt le sens des responsabilités qui anima ce compagnon. Il insiste sur le fait que les premiers compagnons étaient divers, issus de différents milieux et de différentes conditions sociales, mais qu’ils considéraient l’islam comme un mode de vie total, façonnant leur présence dans le monde et les poussant à agir pour le bien des autres.
Le sermon conclut en appelant les fidèles à surmonter leurs peurs et leurs hésitations, à ne pas se contenter d’une foi « personnelle » et à s’engager activement dans la défense de leur croyance. Le prophète ﷺ nous a appris à chercher refuge auprès d’Allah contre la lâcheté et l’inaction, car l’action découle d’un but clair et d’une conviction profonde.
Qu’Allah, conclut le cheikh Khan, fasse de nous des personnes déterminées, qu’il dissipe nos craintes et qu’il nous utilise comme instruments de guidance pour les autres.
Amine.
