Publié le 13 janvier 2026. Des accusations de favoritisme et d’influence indue secouent le ministère indonésien de l’Éducation et de la Culture, avec des allégations selon lesquelles un conseiller spécial aurait exercé un pouvoir considérable, allant jusqu’à se faire surnommer « Madame la Ministre ».
- Un ancien responsable du ministère a témoigné qu’un conseiller spécial, Jurist Tan, était surnommé « Madame la Ministre » en raison de son influence.
- Des accusations d’ingérence dans l’achat de Chromebooks et de pertes financières importantes (2 100 milliards de roupies indonésiennes, soit environ 128 millions d’euros) ont été portées.
- Le conseiller aurait même utilisé un langage informel (« lu gue », équivalent de « toi et moi ») envers le ministre de l’Éducation, Nadiem Makarim, en présence de nombreux fonctionnaires.
C’est lors d’une audience du tribunal de corruption de Jakarta, mardi 13 janvier 2026, que ces révélations ont été faites. Cepy Lukman Rusdiana, ancien chef par intérim de la sous-direction de la facilitation des installations, des infrastructures et de la gouvernance de la direction des collèges du ministère de l’Éducation et de la Culture, a témoigné sur l’influence de Jurist Tan. Selon ses dires, ce dernier, en tant que membre spécial du cabinet du ministre, aurait pu intervenir dans des décisions d’achat, notamment concernant l’acquisition de Chromebooks.
Le juge Andi Saputra a interrogé Cepy sur le surnom de « Madame la Ministre » attribué à Jurist Tan.
« Dans l’un de vos documents, vous avez déclaré que ‘Jurist Tan, en tant que membre spécial du cabinet du ministre qui n’a rien à voir avec l’achat de biens et services gouvernementaux, a pu intervenir dans l’achat de ces biens parce qu’il était très influent au ministère de l’Éducation et de la Culture. Sœur JT a même reçu le surnom de ‘Madame la Ministre’ de la part de ses amis de bureau et a pu dire ‘vous et moi’ au ministre Nadiem devant de nombreux fonctionnaires’. Que signifie le surnom de ‘Madame la Ministre’ ? »
Andi Saputra, juge du tribunal de corruption de Jakarta
Cepy a répondu que ce surnom reflétait le pouvoir quasi-ministériel dont disposait Jurist Tan, selon les informations qu’il avait recueillies auprès de ses collègues.
« D’après les informations d’amis de bureau et à l’époque de nos dirigeants, cette ‘Madame Ministre’ est en fait le ministre Jurist Tan, vous savez, car il a presque les mêmes pouvoirs que le ministre. »
Cepy Lukman Rusdiana, ancien chef par intérim de la sous-direction de la facilitation des installations, des infrastructures et de la gouvernance
L’affaire intervient dans le cadre d’un procès impliquant Mulyatsyah (directeur des collèges en 2020), Sri Wahyuningsih (directrice des écoles élémentaires de 2020 à 2021) et Ibrahim Arief, alias Ibam (consultant). Les procureurs les accusent d’avoir causé des pertes financières à l’État d’environ 2 100 milliards de roupies indonésiennes (environ 128 millions d’euros) dans cette affaire. Selon l’acte d’accusation, ces pertes sont dues à des prix excessivement élevés pour les Chromebooks (1 567 888 662 716,74 IDR, soit environ 95 millions d’euros) et à des achats de logiciels de gestion de dispositifs Chrome (MDP) inutiles, pour un montant de 44 054 426 USD (environ 40 millions d’euros).
Le procureur Roy Riady a précisé que le montant des pertes financières de l’État a été établi sur la base d’un rapport d’audit de l’Agence de surveillance financière et de développement de la République d’Indonésie.
L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue de l’influence de Jurist Tan et les responsabilités de chacun dans ces affaires de corruption présumée.
(mib/un)
