Publié le 11 novembre 2025 à 01h50. Une nouvelle étude suggère que l’écoute de musique douce et à rythme lent pourrait améliorer la qualité du sommeil des personnes âgées, bien que les chercheurs soulignent la nécessité de mener des recherches plus approfondies pour confirmer ces résultats.
- L’analyse d’une dizaine d’études montre une amélioration significative de la qualité du sommeil grâce à la musicothérapie chez les plus de 50 ans.
- Les troubles du sommeil touchent une proportion importante de la population âgée et peuvent avoir des conséquences graves sur la santé.
- La musicothérapie représente une alternative non médicamenteuse prometteuse, mais les études actuelles présentent des limites méthodologiques.
Les troubles du sommeil sont un problème de santé publique croissant, en particulier chez les personnes âgées. Entre 40 et 70 % des seniors sont concernés par des difficultés à s’endormir ou à maintenir un sommeil réparateur, ce qui peut entraîner des complications telles que des maladies cardiovasculaires, la dépression, un déclin cognitif et un risque accru de chutes. Face à ces enjeux, les chercheurs explorent des solutions alternatives aux traitements médicamenteux, souvent associés à des effets secondaires indésirables et à un risque de dépendance.
Une récente revue de la littérature, publiée dans la revue PLoS One, a analysé les données de dix études portant sur l’impact de la musicothérapie sur la qualité du sommeil des personnes de plus de 50 ans. Les chercheurs ont constaté que l’écoute de musique apaisante, caractérisée par un tempo lent (entre 60 et 85 battements par minute), pouvait améliorer significativement le sommeil des participants, par rapport à un groupe témoin.
Selon les scientifiques, la musicothérapie pourrait agir sur plusieurs mécanismes physiologiques impliqués dans la régulation du sommeil. Elle pourrait contribuer à réduire les niveaux d’hormones de stress, favoriser la production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et stimuler le système nerveux parasympathique, responsable de la relaxation. La musique à tempo lent pourrait également aider à synchroniser les rythmes biologiques de l’organisme.
L’étude a impliqué 602 participants, âgés de 50 ans et plus, issus d’hôpitaux, de maisons de retraite et d’établissements communautaires. Les interventions musicales consistaient principalement en l’écoute passive de musique instrumentale ou classique, pendant une durée de 20 à 60 minutes par séance, sur une période allant d’une seule séance à trois mois. La qualité du sommeil a été évaluée à l’aide de l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI).
L’analyse statistique a révélé un effet modéré à significatif de la musicothérapie sur la qualité du sommeil (différence moyenne standardisée de −0,79). Cependant, les chercheurs ont également souligné une variabilité importante entre les études, ce qui suggère que l’efficacité de la musicothérapie peut dépendre de divers facteurs, tels que la conception de l’intervention, la fidélité à la méthode et le type de musique utilisé. Les études contrôlées randomisées (ECR) ont montré des résultats plus probants que les études non randomisées.
Malgré ces résultats encourageants, les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de faire preuve de prudence dans l’interprétation des données. La certitude des preuves est jugée “très faible” en raison de plusieurs limites méthodologiques, notamment des risques de biais, des protocoles d’intervention incohérents, des échantillons de petite taille et une hétérogénéité importante entre les études. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer l’efficacité de la musicothérapie et identifier les conditions optimales de son application.
Les futures études devraient inclure des essais cliniques randomisés de plus grande envergure, avec des protocoles standardisés et des mesures objectives du sommeil, telles que la polysomnographie. Une validation interculturelle des interventions musicales serait également souhaitable, afin de tenir compte des préférences et des traditions musicales de différentes populations.
Référence de l’étude :
- Li, C., Kumar, AP, Wankhar, D., Kuppusamy, M., Govindasamy, K. (2025). Effet de la musicothérapie sur la qualité du sommeil chez les personnes âgées : une revue systématique et une méta-analyse. PLoS One 20(11) : e0334356. DOI : 10.1371/journal.pone.0334356
