Publié le 15 octobre 2024 05:09:00. La mort d’Ellen Greenberg, survenue en 2011 à Philadelphie, continue de susciter la controverse après la publication d’un rapport médico-légal la qualifiant de suicide, une conclusion contestée par la famille de la victime et la réalisatrice d’une série documentaire sur l’affaire.
- Le médecin légiste en chef de Philadelphie a conclu que la mort d’Ellen Greenberg était un suicide.
- La famille de Greenberg et la réalisatrice du documentaire Décès dans l’appartement 603 rejettent cette conclusion, estimant qu’il s’agit d’un homicide.
- Le fiancé de Greenberg, Sam Goldberg, reste le principal suspect dans cette affaire non résolue.
Quatorze ans après la mort d’Ellen Greenberg, l’affaire est relancée par un rapport médico-légal controversé. Lundi, le Dr Lindsay Simon, médecin légiste en chef de la ville de Philadelphie, a officiellement classé le décès de l’enseignante de 27 ans comme un suicide. Cette conclusion intervient après des années de spéculations et d’enquêtes, et a immédiatement suscité l’indignation de la famille de la victime et de Nancy Schwartzman, la réalisatrice de la série documentaire Décès dans l’appartement 603 : Qu’est-il arrivé à Ellen Greenberg ?.
Mardi, Nancy Schwartzman a qualifié l’avis médical de « totalement décevant » et de « scandaleux », exprimant son choc face à cette nouvelle classification.
« Nous sommes tous choqués. Vraiment choqué. »
Nancy Schwartzman, réalisatrice
La famille Greenberg a toujours maintenu qu’Ellen a été victime d’un homicide. Le principal suspect dans cette affaire reste Sam Goldberg, le fiancé de la victime. Il a été celui qui a découvert le corps d’Ellen dans leur appartement, avec un couteau planté dans la poitrine, présentant 20 coups de couteau et de nombreuses contusions. L’appartement était verrouillé de l’intérieur, ce qui a initialement écarté Goldberg comme suspect. Il avait affirmé avoir forcé la porte après avoir découvert Ellen inconsciente dans la cuisine. Les analyses ADN sur le couteau n’ont révélé que l’ADN de la victime, et aucune trace de lutte n’a été constatée. Il n’y avait pas d’antécédents connus de violence domestique dans la relation.
Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, Ellen Greenberg souffrait d’anxiété et était sous pression pour rendre les notes de ses élèves à temps. L’affaire avait initialement été classée comme un homicide, mais la scène de crime avait été nettoyée par des professionnels avant que les investigations ne puissent aboutir. Le dossier a ensuite été réouvert et finalement reclassé comme un suicide, une conclusion que le Dr Simon vient de confirmer.
Dans son rapport, le Dr Simon a conclu que « toutes les informations prises en compte… la mort de Greenberg est mieux classée comme « suicide » », mettant ainsi un point final à l’affaire – du moins pour l’instant. Cependant, cette conclusion est vivement contestée par l’avocat de la famille Greenberg, William Trask, qui dénonce une « tentative profondément erronée pour justifier une conclusion prédéterminée ». Il accuse également le Dr Simon d’inclure de « fausses affirmations » dans son rapport et d’« ignorer les preuves clés qui contredisent la thèse du suicide ».
« C’est un embarras pour la ville et une insulte pour Ellen et sa famille. »
William Trask, avocat de la famille Greenberg
Un aspect particulièrement singulier du rapport de Simon est sa bibliographie. La section « Matériaux examinés » inclut non seulement quatre opinions sur cinq qui concluaient à un homicide, mais également la série documentaire de Nancy Schwartzman comme source d’information. Interrogée à ce sujet, Schwartzman a réagi avec amusement :
« Je pense que tout le monde a trouvé ça bizarre. C’est comme : ‘Oh, est-ce que tu es juste au courant de cette affaire ?’ »
Nancy Schwartzman, réalisatrice
Elle a ironisé en suggérant que le Dr Simon aurait peut-être eu besoin d’un résumé du dossier, et qu’il aurait été préférable d’utiliser un microscope plutôt que de regarder la télévision.
William Trask a affirmé que lui et la famille Greenberg « continueront à emprunter d’autres voies pour obtenir justice pour son meurtre, par tous les moyens nécessaires ». Nancy Schwartzman envisage également de poursuivre ses investigations, potentiellement à travers des épisodes supplémentaires de Décès dans l’appartement 603. Elle a souligné l’intérêt suscité par la série, avec 38 millions de vues sur la bande-annonce, notamment en raison de la diffusion d’appels au 9-1-1 particulièrement troublants. Elle espère que cette exposition médiatique incitera de nouvelles personnes à se manifester et à fournir des informations susceptibles de faire avancer l’enquête.
