Publié le 28 septembre 2025 08h48. L’Iran se retrouve confronté à la réimposition de sanctions internationales, notamment économiques et militaires, dix ans après leur levée dans le cadre d’un accord nucléaire historique. Cette décision, prise par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, intervient dans un contexte de tensions persistantes concernant le programme nucléaire iranien.
- Les sanctions économiques et militaires, réintégrées par le mécanisme de “Snapback”, visent à restreindre davantage le programme nucléaire iranien.
- Téhéran est accusé de ne pas coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d’enrichir de l’uranium à un niveau inhabituellement élevé.
- L’Iran menace de réagir et envisage de se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont activé le mécanisme de “Snapback” il y a trente jours, une clause prévue dans l’accord nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances mondiales. Ce mécanisme permet la réimposition automatique de sanctions en cas de non-respect des termes de l’accord. Les trois nations européennes affirment avoir tout tenté pour éviter cette issue, mais soulignent que l’Iran n’a pas autorisé l’AIEA à accéder aux sites nucléaires iraniens, ni transmis de rapport précis sur ses stocks d’uranium enrichi. Elles notent également que le niveau d’enrichissement de l’uranium iranien (jusqu’à 60% de pureté) dépasse celui observé dans tout autre programme nucléaire civil.
La réimposition des sanctions aura des conséquences multiples : gel des avoirs iraniens à l’étranger, interruption des accords commerciaux avec Téhéran et pénalisation de tout développement lié au programme de missiles balistiques iranien. Cette décision intervient alors que l’économie iranienne est déjà fragilisée.
Ismail Kowsari, un responsable politique iranien, a déclaré que le Parlement examinerait la possibilité de se retirer du TNP.
« Le Parlement discutera de cette question… et décidera en conséquence. »
Ismail Kowsari, politicien iranien
Mohammad Bagher Qalibaf, le président du Parlement iranien, a également averti que toute nation appliquant ces sanctions s’exposerait à des représailles.
« Nous annonçons que si un pays souhaite prendre des mesures contre l’Iran en fonction de ces résolutions illégales, il sera confronté à de sérieuses mesures réciproques de l’Iran, et les trois pays européens qui sont les initiateurs de cette action illégale seront également confrontés à notre réaction. »
Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement iranien
Ces déclarations ont été rapportées par l’agence de presse iranienne IRNA.
L’Iran s’est retiré de la surveillance de l’AIEA suite aux tensions avec Israël en juin, qui ont également vu des sites nucléaires iraniens visés par des frappes américaines. Le pays continue d’enrichir de l’uranium à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires, disposant de suffisamment de matière pour potentiellement produire plusieurs bombes atomiques.
Téhéran maintient que son programme nucléaire est strictement pacifique, une affirmation contestée par l’Occident et l’AIEA, qui affirment que l’Iran a mené un programme d’armes nucléaires organisé jusqu’en 2003. Interrogé sur la possibilité d’une orientation vers la fabrication de la bombe atomique en cas de retrait du TNP, M. Kowsari a répondu :
« Non, cela ne signifie pas cela. Ce problème sera examiné séparément plus tard, et nous pouvons l’avoir à l’ordre du jour si nécessaire. »
Ismail Kowsari, politicien iranien
L’Iran critique le droit des trois nations européennes d’activer le mécanisme de “Snapback”, soulignant le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018 sous l’administration de Donald Trump. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a tenté de minimiser l’impact des sanctions de l’ONU sur le pays avant leur imposition.
Marco Rubio, un sénateur américain, a salué la décision des trois nations européennes, la qualifiant d’« acte de leadership mondial décisif ». Il a également réaffirmé que « la diplomatie reste une option ». Cependant, la réaction de Téhéran reste incertaine, et des craintes subsistent quant à une escalade des tensions entre l’Iran, Israël et potentiellement les États-Unis, notamment en raison de la reconstruction de sites de missiles frappés lors des affrontements de juin.
