Publié le 18 novembre 2025 à 17h57. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution soutenant le plan de paix à Gaza présenté par l’administration américaine, une décision qui ouvre la voie à un déploiement international dans la région et suscite de vives réactions en Israël, notamment au sein de la droite politique.
- Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé une résolution autorisant le déploiement d’une force de sécurité multinationale à Gaza.
- La résolution prévoit également la création d’un Conseil de la paix chargé de superviser la reconstruction et la relance économique du territoire.
- Cette décision représente un revers diplomatique pour la droite israélienne, qui s’oppose à toute concession territoriale ou à la création d’un État palestinien.
L’adoption de cette résolution, lundi soir, marque une étape significative dans les efforts de consolidation de la trêve fragile entre Israël et le Hamas. Les États-Unis, à l’origine de cette initiative, estiment qu’elle contribuera à stabiliser la région. Le vote s’est soldé par 13 voix en faveur, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues.
La résolution autorise explicitement le déploiement d’une force de sécurité multinationale à Gaza, une première dans l’histoire des relations israélo-palestiniennes. Elle invite également les États membres de l’ONU à rejoindre un Conseil de la paix qui aura pour mission de superviser la reconstruction du territoire dévasté et de relancer son économie. Le plan en 20 points présenté par le président Donald Trump avait déjà été accepté en principe par Israël et le Hamas en octobre dernier.
Si le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a salué l’initiative américaine, louant « l’équipe infatigable et dévouée » de Donald Trump, sa réaction a été nuancée. Il a notamment omis de mentionner la clause de la résolution relative à l’indépendance palestinienne, publiant son commentaire sur son compte X en anglais plutôt qu’en hébreu.
Cette résolution ouvre la voie à l’établissement d’une autorité gouvernementale à Gaza fonctionnant sans l’approbation préalable d’Israël, un changement fondamental pour la droite israélienne qui ambitionne à terme d’annexer l’ensemble des territoires occupés lors de la guerre des Six Jours en 1967. Des groupes d’extrême droite ont dénoncé la mention d’une « voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien », la qualifiant de menace pour la sécurité israélienne et prévoyant des manifestations lors de la prochaine réunion du cabinet.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a appelé Netanyahou à « clarifier qu’Israël ne permettra pas la création d’un État palestinien sous quelque forme que ce soit ». Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a quant à lui estimé que la détérioration de la situation sur la question palestinienne était de la responsabilité de Netanyahou.

Malgré les critiques de la droite, Netanyahou a réaffirmé que « notre opposition à un État palestinien sur quelque territoire que ce soit n’a pas changé ». Cette résolution intervient dans un contexte de tentatives diplomatiques passées, comme les accords d’Oslo dans les années 1990, qui se sont heurtées à l’opposition des factions israéliennes les plus conservatrices.
Le Hamas a publiquement dénoncé la résolution du Conseil de sécurité, la qualifiant de tentative « d’imposer une tutelle internationale sur la bande de Gaza et de faire avancer un plan biaisé en faveur de l’occupation israélienne ». Le groupe a réitéré son refus de désarmer et a affirmé que sa lutte contre Israël relevait d’une forme légitime de résistance, se positionnant potentiellement en opposition à la force internationale de stabilisation autorisée par la résolution.
« La résolution impose un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, ce que notre peuple et ses factions rejettent. »
Hamas, dans un communiqué
L’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah, a salué la résolution et s’est déclarée prête à participer à sa mise en œuvre. Les diplomates soulignent que l’approbation de Ramallah a été déterminante pour éviter un veto russe.
Yair Lapid, chef de l’opposition israélienne, a déclaré que « le gouvernement le plus à droite de l’histoire de l’État abandonne officiellement l’annexion et définit les principes de coopération avec l’Autorité palestinienne ». Il reste à voir si cette résolution du Conseil de sécurité ouvrira réellement la voie à une refonte de la région, mais elle s’éloigne en tout cas du scénario de « victoire totale » et du rêve d’annexion chéri par la droite israélienne.
