Publié le 6 octobre 2025 17:26:00. Le Moffitt Cancer Center, en Floride, a reçu une subvention de 22,4 millions de dollars (environ 20,7 millions d’euros) du Département américain de la Défense pour accélérer la recherche et les essais cliniques sur les maladies leptoméningées, une complication rare et souvent fatale du cancer.
- Une subvention de 22,4 millions de dollars permettra de financer quatre années de recherche et deux essais cliniques.
- Le Moffitt Cancer Center dirigera les études, en collaboration avec l’université d’État de Kent.
- Les essais cliniques se concentreront sur de nouvelles approches immunothérapeutiques pour combattre cette maladie agressive.
Des chercheurs du Moffitt Cancer Center ont obtenu un financement exceptionnel du Département américain de la Défense pour lutter contre les maladies leptoméningées, une complication neurologique dévastatrice qui survient lorsque le cancer se propage aux membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Cette subvention de 22,4 millions de dollars (environ 20,7 millions d’euros) représente un investissement majeur dans la recherche sur cette pathologie rare, mais extrêmement agressive.
Le Moffitt Cancer Center, basé en Floride, servira d’institution principale pour ce projet de recherche, recevant 18,7 millions de dollars (environ 17,3 millions d’euros). L’université d’État de Kent, partenaire de cette initiative, bénéficiera d’une allocation de 3,7 millions de dollars (environ 3,4 millions d’euros). Cette collaboration permettra de mobiliser une expertise multidisciplinaire pour aborder les défis posés par les maladies leptoméningées.
« La maladie leptoméningée est rare mais extrêmement mortelle, ne laissant souvent aux patients que deux à cinq mois à vivre. Ce financement nous permet de lancer des essais cliniques qui, selon nous, peuvent modifier de manière significative ces résultats tout en construisant la fondation scientifique pour mieux comprendre pourquoi cette maladie se développe et comment l’arrêter. »
Peter Forsyth, MD, président du département de neuro-oncologie de Moffitt
Contrairement à d’autres formes de cancer plus courantes, les maladies leptoméningées restent mal comprises. Les cellules cancéreuses, notamment celles issues d’un cancer du sein, semblent avoir une affinité particulière pour le cerveau et le liquide céphalo-rachidien, où elles peuvent échapper aux traitements conventionnels, même lorsque les tumeurs primaires sont stabilisées. L’équipe du Dr. Forsyth est l’une des rares au monde à se consacrer activement à la recherche de nouvelles thérapies pour répondre à ce besoin médical urgent.
Les essais cliniques prévoient notamment l’évaluation d’une nouvelle immunothérapie basée sur des cellules dendritiques. Cette approche vise à activer le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et attaque les cellules tumorales présentes dans le cerveau et le liquide céphalo-rachidien. Un autre essai combinera cette immunothérapie avec des anticorps ciblés et des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, afin de renforcer la réponse immunitaire.
« Nous avons découvert que le liquide céphalo-rachidien n’est pas simplement un milieu où flottent les cellules cancéreuses, explique le Dr. Forsyth. Il contient également des cellules immunitaires qui tentent de combattre la maladie, mais elles sont souvent insuffisantes. Notre objectif est de renforcer le système immunitaire, en le transformant d’une force affaiblie en une défense pleinement équipée, capable de reconnaître et d’attaquer le cancer, même en cas de récidive. »
Cette subvention souligne le rôle de premier plan du Moffitt Cancer Center dans la recherche translationnelle sur le cancer, c’est-à-dire la transposition des découvertes scientifiques en applications cliniques concrètes. Elle permettra également de consolider la position du centre en tant que centre de référence pour la recherche sur les maladies leptoméningées.
« Cette subvention signifie que les patientes atteintes d’un cancer du sein pourraient potentiellement vivre des années de plus grâce à cette nouvelle thérapie, souligne le Dr. Forsyth. Je ne veux jamais me trouver dans la situation de devoir dire à un patient qu’il n’y a plus rien à faire. Ce soutien nous rapproche de cet objectif. »
Pour en savoir plus sur l’immunothérapie, vous pouvez consulter cet article.
