Publié le 16 janvier 2026 03:58:00. Une étude menée par l’Université McGill suggère que certains médicaments couramment prescrits pour le diabète de type 2 pourraient réduire le risque de démence, offrant ainsi une nouvelle piste dans la prévention de cette maladie neurodégénérative en forte augmentation.
- Deux classes de médicaments utilisés pour traiter le diabète de type 2, les agonistes des récepteurs GLP-1 et les inhibiteurs de la DPP-4, sont associées à une diminution du risque de démence.
- L’étude, basée sur les données de plus de 450 000 patients, a permis de contrôler des facteurs de confusion souvent absents des recherches précédentes.
- Les bénéfices cognitifs semblent plus importants avec une utilisation prolongée et à des doses plus élevées des inhibiteurs de la DPP-4.
Le diabète de type 2 est un facteur de risque connu pour le développement de la démence, augmentant ce risque d’environ 60 %. Or, les options de prévention restent limitées. Face à une prévision alarmante d’un million de Canadiens atteints de démence d’ici 2030, cette nouvelle recherche ouvre des perspectives encourageantes.
L’étude, publiée récemment, s’est concentrée sur deux types de médicaments agissant sur les incrétines, des hormones qui régulent la glycémie. Il s’agit des agonistes des récepteurs GLP-1, comme l’Ozempic, et des inhibiteurs de la DPP-4. Les chercheurs ont comparé leurs effets à ceux des sulfonylurées, un autre médicament courant contre le diabète, qui ne présente pas de bénéfices cognitifs connus.
Pendant près de trois ans, l’équipe de McGill a suivi des patients de 50 ans et plus débutant un traitement à base d’incrétines ou de sulfonylurées. Les résultats indiquent que les inhibiteurs de la DPP-4 sont associés à une réduction du risque de démence de 23 % par rapport aux sulfonylurées. Plus la durée d’utilisation et la dose des inhibiteurs de la DPP-4 étaient élevées, plus cette association était marquée. Les agonistes des récepteurs GLP-1 ont montré une tendance similaire, mais les données étaient moins concluantes en raison du nombre plus faible de patients utilisant ces médicaments plus récents.
« Ce sont des résultats très prometteurs. En mesurant des facteurs non pris en compte dans des études antérieures, nos résultats fournissent des preuves plus fiables des avantages cognitifs potentiels. »
Dre Christel Renoux, professeure agrégée, Département de neurologie et de neurochirurgie de McGill et chercheuse principale à l’Institut Lady Davis
L’originalité de cette étude réside dans sa méthodologie rigoureuse. Les chercheurs ont utilisé des données cliniques détaillées provenant du Clinical Practice Research Datalink du Royaume-Uni, leur permettant de prendre en compte des facteurs tels que la gravité du diabète, un prédicteur majeur de la démence. Cette approche a permis de réduire les biais et d’obtenir une comparaison plus fiable entre les différents traitements.
« Ces résultats nous apportent une preuve solide de quelque chose que les scientifiques soupçonnaient depuis un certain temps, explique la Dre Renoux. Ces médicaments pourraient avoir des avantages bien au-delà du contrôle de la glycémie, que nous commençons seulement à comprendre. »
Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études à plus long terme pour confirmer ces résultats, notamment chez les personnes utilisant désormais les médicaments GLP-1 pour la perte de poids. Il reste à déterminer si les bénéfices observés se traduisent par une prévention efficace de la démence à long terme.
