Publié le 27 novembre 2025 à 04h30. Une perte de l’odorat, souvent négligée, pourrait être un signal d’alerte précoce de la maladie d’Alzheimer, selon de récentes études. Des chercheurs mettent en lumière l’importance de surveiller les changements sensoriels pour une détection plus rapide de cette maladie neurodégénérative.
- La perte de l’odorat peut précéder de plusieurs années les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer.
- Des recherches indiquent que le bulbe olfactif, une zone du cerveau essentielle à la perception des odeurs, est l’une des premières régions touchées par la maladie.
- D’autres changements sensoriels, comme une diminution du goût ou des difficultés auditives, peuvent également signaler un déclin cognitif.
Lorsqu’on évoque la maladie d’Alzheimer, l’image d’une perte de mémoire et d’une désorientation progressive est souvent la première qui vient à l’esprit. Cette maladie neurodégénérative, qui affecte des millions de personnes dans le monde, est bien plus complexe qu’une simple déficience de la mémoire. Elle impacte le cerveau de manière globale, altérant des fonctions insoupçonnées, comme notre capacité à sentir les odeurs.
Ces dernières années, des études de plus en plus nombreuses suggèrent que la perte de l’odorat pourrait être l’un des premiers signes avant-coureurs de la maladie d’Alzheimer. Ce symptôme, souvent minimisé, peut se manifester des années avant l’apparition des troubles de la mémoire. L’explication réside dans la manière dont la maladie agit sur certaines structures cérébrales clés. Le bulbe olfactif, responsable de la détection des odeurs, est en effet l’une des premières zones à subir des dommages, et ce, avant même la formation des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie.
Une étude récente menée conjointement par le Centre allemand des maladies neurodégénératives et l’Université Ludwig-Maximilians de Munich a exploré en profondeur le lien entre la maladie d’Alzheimer et l’odorat. Grâce à des recherches sur des modèles animaux et des échantillons humains, les scientifiques ont observé que le bulbe olfactif présentait des signes d’inflammation et de dégénérescence dès les premiers stades de la maladie. Le rapport complet de l’étude est disponible dans la revue scientifique Communications Nature.
Les chercheurs ont également identifié un mécanisme immunologique possible à l’origine de ces dommages. Les microglies, des cellules du système nerveux central chargées d’éliminer les déchets et les connexions neuronales défectueuses, semblent agir de manière anormale sur les fibres nerveuses reliant le bulbe olfactif au locus cerúleo. Ce processus, appelé élagage synaptique, pourrait être déclenché par une hyperactivité neuronale conduisant à une altération de la membrane cellulaire et, finalement, à une réponse défensive inappropriée.
Lors de tests effectués sur des souris, les chercheurs ont constaté une perte significative de la sensibilité olfactive bien avant l’apparition d’autres symptômes classiques de la maladie d’Alzheimer. Ces résultats ont été confirmés chez des patients humains grâce à des scintigraphies cérébrales et des analyses post-mortem. Ces découvertes suggèrent que la perte olfactive pourrait non seulement être un symptôme précoce, mais aussi un outil précieux pour une détection précoce, ouvrant la voie à des diagnostics et des traitements plus efficaces.
À quels autres symptômes faut-il prêter attention ?
Bien que la perte de l’odorat soit un indicateur pertinent, elle ne doit pas être considérée comme le seul signal d’alerte. D’autres changements subtils dans les sens et dans la vie quotidienne méritent une attention particulière. Une diminution du goût, souvent associée à une déficience olfactive, peut également être un signe révélateur. Des difficultés à suivre une conversation, en particulier dans un environnement bruyant, peuvent également indiquer un dysfonctionnement du traitement cérébral du son. De même, des problèmes visuels, tels que des difficultés à évaluer les distances ou à reconnaître les visages, ont été associés aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer.
Sur le plan comportemental, certains signes peuvent passer inaperçus. La répétition constante des questions, l’oubli de tâches récemment accomplies, ou des changements de caractère, comme l’irritabilité ou l’isolement, doivent inciter à la vigilance. Une perte d’initiative, une désorganisation soudaine ou des difficultés à suivre des instructions simples sont également des signaux à prendre en compte. Ces petites altérations, combinées à des symptômes sensoriels comme la perte olfactive, peuvent constituer un premier tableau de détérioration cognitive.
