Publié le 16 janvier 2026 à 12h03. Le nouveau rapport de l’industrie du sport pointe vers une croissance robuste, mais met en garde contre les risques d’exclusion liés à l’augmentation des coûts et souligne le rôle croissant du sport dans la société.
- L’industrie mondiale du sport devrait atteindre 862 milliards de livres sterling (environ 1 500 milliards d’euros) par an d’ici 2033, avec un taux de croissance annuel composé de 7 %.
- Une majorité de fans (71 %) et de professionnels (74 %) se montrent optimistes quant à l’avenir du sport, mais s’inquiètent de son accessibilité financière.
- Plus de 72 % des fans et 75 % des professionnels estiment que le sport a une responsabilité sociale plus importante que les autres industries.
Le Sport Industry Report 2026, présenté le 14 janvier par Nick Keller, président de SIG, lors d’un événement réunissant des dirigeants du sport, des affaires et de la politique dans les bureaux d’EY à London Bridge, dresse un portrait nuancé d’un secteur en pleine expansion. Si l’optimisme est de mise, le rapport souligne la nécessité de préserver l’accessibilité du sport pour tous, face à une conjoncture économique incertaine et à des pressions financières croissantes.
L’un des principaux sujets de préoccupation est l’abordabilité. Le rapport met en évidence un risque croissant de voir le sport devenir un luxe, inaccessible à une partie de la population. « Dans un monde de plus en plus façonné par la pensée à court terme et la pression économique, le sport risque de devenir un produit de luxe plutôt qu’une expérience culturelle partagée », avertit le rapport.
Les données confirment cette tendance : 67 % des fans et plus de 50 % des professionnels du secteur estiment que l’accès aux événements sportifs en direct deviendra un luxe dans les cinq prochaines années. Il est donc crucial, selon le rapport, de trouver un équilibre entre rentabilité et inclusion, en élargissant l’accès et la participation pour assurer une croissance durable.
Au-delà des considérations financières, le rapport souligne le rôle croissant du sport dans la société. Plus de 72 % des fans et 75 % des professionnels estiment que le sport a une responsabilité plus importante que les autres industries dans la conduite de changements positifs. Cette responsabilité se traduit notamment par la nécessité de garantir l’accès au sport pour tous, et de protéger la participation gratuite.
Le rapport prévoit une collaboration accrue entre les secteurs public et privé pour relever les défis sociétaux tels que l’isolement, la santé mentale et la connectivité sociale. Il souligne également le pouvoir du sport en tant que plateforme d’influence, avec 27 % des fans déclarant avoir modifié leur comportement suite à une campagne menée à travers le sport.
Le sport féminin continue de progresser, avec 32 % des fans déclarant que leur intérêt a augmenté au cours de l’année écoulée. Cependant, le rapport insiste sur la nécessité de positionner le sport féminin non pas comme un substitut au sport masculin, mais comme une offre distincte et attrayante, nécessitant des investissements soutenus dans les actifs, la narration et les programmes communautaires.
En ce qui concerne les nouvelles technologies, le rapport note une évolution des attitudes envers les réseaux sociaux, avec 80 % des fans et 92 % des professionnels estimant qu’il devrait y avoir des restrictions sur leur utilisation pour les moins de 16 ans. L’intelligence artificielle (IA) est également perçue comme une opportunité d’améliorer l’expérience sportive, à condition de préserver la joie du sport et son aspect humain.
« Cependant, l’adoption de nouvelles technologies devrait également garantir que nous ne supprimons pas la joie du sport et sa capacité à voir l’humanité sous son meilleur jour, là où, malgré différents niveaux de capacités et de compétences, la résilience et le courage peuvent changer le résultat. C’est pour cette raison que le sport en tant que plateforme est sans égal. »
L’année à venir s’annonce riche en événements sportifs majeurs, notamment les Jeux olympiques d’hiver, la Coupe du Monde de la FIFA, ainsi que les compétitions de Premier League, de Wimbledon, des Six Nations et de Formule 1. « Avec tout ce qui se passe dans le monde, Dieu merci, il y a le sport », conclut le rapport.

