Publié le 14 décembre 2025 10h15. Des chercheurs de l’Université de l’Illinois ont identifié un mécanisme par lequel l’acide valproïque, un médicament existant, peut améliorer la production de cellules souches hématopoïétiques à partir de sang de cordon ombilical, une source alternative prometteuse pour les transplantations.
- L’étude révèle que l’acide valproïque favorise l’expansion des cellules souches CD34+CD90+, mais que celles dérivées de cellules plus matures (CD34+CD90-) présentent une fonctionnalité réduite.
- Les tests en laboratoire et sur des modèles animaux indiquent que les cellules souches ainsi modifiées ont un potentiel de régénération hématopoïétique diminué.
- Ces résultats soulignent l’importance d’évaluer attentivement la fonctionnalité des cellules souches cultivées avant de les utiliser en thérapie.
La transplantation de cellules souches hématopoïétiques (CSH) représente une option thérapeutique potentiellement curative pour les patients atteints de cancers du sang et d’autres maladies hématologiques graves. Cependant, le manque de donneurs compatibles constitue un obstacle majeur à l’accès à cette procédure. Le sang de cordon ombilical (SCU) constitue une alternative intéressante, mais la quantité de cellules souches contenue dans une seule unité est souvent limitée, ce qui a conduit à des recherches visant à développer des méthodes d’expansion ex vivo (en culture).
Une équipe de l’Université de l’Illinois, basée à Chicago, a exploré l’impact de l’acide valproïque (VPA), un médicament anticonvulsivant, sur la culture de cellules souches du SCU. Des études antérieures avaient suggéré que le VPA pouvait favoriser le maintien des CSH fonctionnelles, mais pas nécessairement leur multiplication. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que le VPA pourrait induire une reprogrammation des cellules matures en cellules plus primitives, plutôt qu’une simple réplication cellulaire.
Pour tester cette hypothèse, ils ont analysé la fonctionnalité des cellules CD34+CD90+ obtenues après culture en présence de VPA, en comparant celles issues de cellules CD34+CD90- (plus matures) et celles issues de cellules CD34+CD90+ (plus primitives) triées par cytométrie en flux. Les résultats ont montré qu’une grande majorité des cellules CD34+CD90+ apparues après culture provenaient de cellules CD34+CD90+ préexistantes, avec une contribution minime des cellules CD34+CD90-. Les tests d’unités formant colonies (CFU) ont révélé une efficacité réduite du placage, et les études de xénotransplantation ont démontré une diminution du potentiel de reconstitution hématopoïétique in vivo des cellules CD34+CD90+ dérivées des cellules CD34+CD90- relativement engagées.
« Nos résultats indiquent que même si le VPA soutient l’expansion des cellules CD34+CD90+, les cellules CD34+CD90+ dérivées des cellules CD34+CD90- sont fonctionnellement plus différenciées que celles dérivées directement des cellules CD34+CD90+ », expliquent les auteurs. Ces cellules présentent une masse mitochondriale et un potentiel membranaire accrus, mais un potentiel de régénération réduit. Ces découvertes soulignent la nécessité d’évaluer de manière approfondie la fonctionnalité des CSH développées en culture afin de déterminer avec précision leur potentiel thérapeutique.
Cette recherche, dont les résultats sont disponibles en ligne avant publication dans la revue Cell Stem Cell, ouvre de nouvelles perspectives pour l’optimisation des protocoles d’expansion des CSH et l’amélioration des résultats des transplantations.
© The Author(s) 2025. Published by Oxford University Press. All rights reserved. For commercial re-use, please contact [email protected] for reprints and translation rights for reprints. All other permissions can be obtained through our RightsLink service via the Permissions link on the article page on our website. For further information, please contact [email protected].
