Home SantéLe gène GALNT2, stimulé par l’interféron, limite les infections virales respiratoires

Le gène GALNT2, stimulé par l’interféron, limite les infections virales respiratoires

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-14 11:38:00. Une équipe de chercheurs a identifié une enzyme, la O-GalNAc transférase 2 (GALNT2), comme un acteur clé de la réponse immunitaire contre le SRAS-CoV-2 et d’autres virus respiratoires, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

  • La GALNT2 limite la réplication du SRAS-CoV-2, des coronavirus et des virus de la grippe A, contribuant à une meilleure clairance virale et à une réduction de la gravité de la maladie.
  • Des variations génétiques de la GALNT2 qui réduisent son activité antivirale sont associées à un risque accru d’hospitalisation en cas d’infection au SRAS-CoV-2.
  • La GALNT2 agit en modifiant les protéines virales par un processus appelé O-glycosylation, bloquant ainsi la fusion du virus avec les cellules hôtes.

Cette découverte, issue d’une étude combinant des analyses sur des modèles animaux et des échantillons humains, met en lumière un mécanisme antiviral jusqu’alors méconnu. Les chercheurs ont étudié des souris de type sauvage et des souris déficientes en récepteur de l’interféron (IFNAR-/-) infectées par le SRAS-CoV-2, ainsi que des échantillons de liquide de lavage broncho-alvéolaire et de cellules sanguines de patients atteints de COVID-19.

L’étude a révélé que la GALNT2, une N-acétylgalactosaminyltransférase, est un gène stimulé par les interférons (IFN) – des cytokines antivirales – et joue un rôle crucial dans la défense de l’organisme contre les infections virales respiratoires. Plus précisément, la GALNT2 induit une modification des protéines virales, notamment de la protéine de pointe, par un processus d’O-glycosylation. Cette modification empêche le virus de fusionner avec les cellules humaines, limitant ainsi sa propagation.

Les chercheurs ont également identifié des régions spécifiques de la protéine de pointe virale, les résidus de sérine en positions 810 et 813, qui sont particulièrement sensibles à l’O-glycosylation par la GALNT2. Des variations génétiques dans la GALNT2 qui affectent sa capacité à glycosyler ces résidus sont associées à une sensibilité accrue à l’infection ou, au contraire, à une capacité du virus à échapper à la réponse immunitaire.

L’analyse de données génétiques humaines a confirmé l’importance de ces découvertes. Les individus porteurs de variantes de la GALNT2 qui réduisent son activité antivirale présentent un risque significativement plus élevé d’être hospitalisés suite à une infection par le SRAS-CoV-2. Cette observation suggère que la GALNT2 pourrait être une cible thérapeutique prometteuse pour prévenir les formes graves de la COVID-19 et d’autres infections virales respiratoires.

Cette étude établit donc la GALNT2 comme un facteur antiviral essentiel contre certaines infections virales respiratoires, ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement de traitements innovants.

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