Publié le 16 novembre 2025 à 08h00. L’accès à la propriété immobilière devient un luxe inaccessible pour de nombreux Espagnols, en particulier dans les grandes villes, tandis que le rêve d’un gain important à la loterie de Noël semble de plus en plus lointain face à l’inflation et à la flambée des prix.
- Le coût du logement a explosé, tandis que les salaires stagnent, retardant l’émancipation des jeunes.
- Même les retraités sont contraints de partager leur logement pour faire face à l’augmentation du coût de la vie.
- L’économiste Santiago Niño Becerra compare l’évolution du prix du « Gordo » de la loterie de Noël à l’évolution du marché immobilier, soulignant une perte de pouvoir d’achat considérable.
Dans les grandes villes espagnoles comme Barcelone et Madrid, mais aussi dans des zones touristiques prisées comme les Baléares, l’acquisition d’un logement est devenue un objectif hors de portée pour une part croissante de la population. Cette situation contraint les jeunes à repousser leur indépendance financière et à prolonger leur séjour au domicile parental, ou à recourir au colocation, parfois bien au-delà de l’âge auquel leurs aînés avaient déjà acquis une certaine stabilité.
Cette crise du logement ne touche pas seulement les jeunes générations. L’inflation galopante pousse également les retraités à chercher des solutions alternatives pour maintenir leur niveau de vie, comme le partage de leur logement avec d’autres personnes, une pratique qui aurait été impensable il y a encore quelques années.
À l’approche des fêtes de fin d’année, l’économiste Santiago Niño Becerra a établi un parallèle saisissant entre le « Gordo » de la Lotería de Navidad et l’évolution du marché immobilier.
« En euros actuels, le gros lot permettait d’acheter deux maisons à Madrid. Deux maisons à Madrid, oui. Mais les choses se sont améliorées, car en 1920, avec le gros lot de la loterie, on pouvait acheter 24 maisons. 24, hein ? Attention, toujours en euros constants, en valeur actuelle. »
Santiago Niño Becerra, économiste
Cependant, cette situation a commencé à se dégrader à partir des années 1950, lorsque les sommes mises en jeu ont été réduites.
« On a voulu réduire ces prix pour avoir plus de bénéfices en vendant les numéros, bien sûr. »
Santiago Niño Becerra, économiste
Aujourd’hui, un gain de 400 000 euros (par dixième) ne suffit plus à acquérir un logement dans les villes les plus dynamiques d’Espagne. L’économiste nuance cependant :
« On ne peut plus acheter une maison. Non, dans certains endroits peut-être. Mais le problème ne vient pas de la loterie, mais de Madrid, de Bilbao, de Barcelone, de Séville… »
Santiago Niño Becerra, économiste
Malgré ce constat alarmant, Santiago Niño Becerra défend l’importance de la Lotería de Navidad dans la société espagnole :
« La loterie de Noël a quelque chose qui, à cette période de l’année, permet de la partager avec ses amis. Elle a une âme. Au travail, dans les entreprises, on achète des numéros collectifs. C’est-à-dire qu’elle a quelque chose qui unit. »
Santiago Niño Becerra, économiste
