Publié le 11 janvier 2026 à 17h30. Les notaires néerlandais sont confrontés à une charge de travail croissante, alors que leur nombre diminue et que la complexité des dossiers augmente, notamment en raison de nouvelles réglementations et d’une évolution démographique.
- Le nombre de notaires a diminué de 1 283 en 2016 à 1 181 aujourd’hui.
- Plus de deux millions d’actes ont été passés l’année dernière, un chiffre record.
- Les délais d’attente chez les notaires s’allongent, en particulier en fin d’année.
La profession notariale néerlandaise est sous tension. Le Royal Notarial Professional Organisation (KNB) alerte sur une situation de plus en plus difficile, marquée par une pénurie de personnel et une demande en constante augmentation. En 2023, les notaires ont enregistré plus de deux millions d’actes, un record, tandis que leurs effectifs continuent de baisser.
Selon Hens Meengs, porte-parole du KNB, cette situation crée des délais d’attente plus longs pour les citoyens.
« Beaucoup de notaires ont dû dire : ‘Désolé, vous serez le premier en janvier.’ »
Hens Meengs, porte-parole du KNB
Le notariat d’Oostland, dans la commune de Lansingerland, illustre cette surcharge de travail. Janny Teensma, notaire dans ce bureau, explique qu’ils ont exécuté environ 3 000 actes l’année dernière, contre 2 400 les années précédentes.
Cette situation est due à plusieurs facteurs. La vente de logements a fortement augmenté, notamment en anticipation de l’entrée en vigueur de la loi sur les loyers abordables au milieu de l’année 2024. De plus, le vieillissement de la population entraîne une augmentation des successions et des testaments, souvent plus complexes en raison de la multiplication des familles recomposées.
La pression administrative, liée notamment aux réglementations sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, contribue également à la surcharge de travail. Jeroen Kuhlmann, un ancien notaire de Borne, souligne la nécessité de poser de nombreuses questions aux clients pour vérifier la conformité des opérations.
« Il faut poser toutes sortes de questions aux clients pour déterminer si les services demandés sont habituels. »
Jeroen Kuhlmann, ancien notaire
La profession peine à attirer de nouveaux talents. Selon le KNB, les jeunes sont moins enclins à créer leur propre entreprise, privilégiant la sécurité de l’emploi. La création du statut de notaire adjoint, un notaire salarié, a permis d’atténuer partiellement le problème, mais le nombre de ces professionnels reste insuffisant.
Janny Teensma, également notaire adjoint, témoigne des difficultés rencontrées pour concilier vie professionnelle et vie personnelle. Elle espère que l’automatisation et l’intelligence artificielle pourront alléger la charge de travail des notaires à l’avenir.
« Il serait utile qu’après une conversation avec un client, vous puissiez dire à un chatbot : ‘Préparez un acte selon le modèle numéro soixante.’ Ainsi, cette partie du travail se fait déjà automatiquement et nous pouvons ensuite finaliser l’acte. »
Janny Teensma, notaire
Hens Meengs ne se prononce pas sur l’évolution future de la situation, soulignant que la charge de travail dépendra de la conjoncture économique et des évolutions législatives. La profession notariale est donc confrontée à un défi majeur pour répondre aux besoins de la population tout en assurant son attractivité.
