Publié le 10 janvier 2026 à 03h22. La recherche sur le vieillissement s’intensifie, et une récente analyse met en lumière cinq nutriments prometteurs pour ralentir le processus et prévenir les maladies chroniques, bien que des études supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces bénéfices chez l’homme.
- Cinq nutriments – resvératrol, quercétine, vitamine B3, vitamine D et glycine – sont identifiés comme ayant le plus grand potentiel scientifique pour améliorer la longévité et la qualité de vie.
- Les preuves actuelles proviennent principalement d’études sur des animaux, mais les premiers essais cliniques chez l’homme sont encourageants.
- L’alimentation joue un rôle clé dans le ralentissement du vieillissement, mais ces nutriments doivent être considérés comme un complément à un mode de vie sain.
L’intérêt croissant pour une vie plus longue et en meilleure santé stimule les recherches sur les interventions nutritionnelles capables de freiner le vieillissement. Une analyse récente, approuvée par la Société Espagnole de Médecine Anti-Âge et Longévité (SEMAL), met en avant cinq nutriments particulièrement prometteurs dans ce domaine.
Selon le Dr Ange Durántez Prados, de la SEMAL, ces composés se distinguent par un soutien scientifique plus solide que d’autres pour leur potentiel à prévenir les maladies chroniques et à améliorer la qualité de vie. Il souligne toutefois que la majorité des données proviennent actuellement de modèles animaux, même si les premiers essais menés sur des humains fournissent des résultats encourageants.
Le resvératrol, un polyphénol présent dans les raisins et les fruits rouges, est l’un des composés les plus étudiés. Il possède des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et immunomodulatrices, et a montré des effets positifs sur la santé cardiovasculaire et métabolique. Des études récentes sur des animaux continuent de démontrer des bénéfices sur les marqueurs du vieillissement, mais les preuves chez l’homme restent limitées. Des revues systématiques et des méta-analyses indiquent que le resvératrol peut améliorer le profil lipidique, le contrôle de la glycémie et la fonction endothéliale, mais n’apportent pas de preuve concluante d’une augmentation de la longévité humaine.

La quercétine, probablement le flavonoïde le plus étudié, se trouve dans l’oignon, la pomme, le brocoli et les agrumes. Selon Harvard Health, elle possède des fonctions antioxydantes et anti-inflammatoires, et agit également comme un sénolytique, c’est-à-dire qu’elle élimine les cellules sénescentes qui s’accumulent avec l’âge et contribuent à la dégénérescence des tissus. Des recherches citées dans le rapport montrent que la quercétine, associée à des médicaments, améliore la survie et la fonction physique chez les animaux. Chez l’homme, des essais indiquent une réduction de la tension artérielle, du LDL et du cholestérol total, ainsi qu’une diminution de la concentration de cellules sénescentes chez les personnes atteintes de diabète après l’administration de doses spécifiques de quercétine en association avec des médicaments. Son efficacité contre les maladies pulmonaires et métaboliques liées au vieillissement est actuellement à l’étude. Consulter l’étude.

La vitamine B3, ainsi que ses dérivés – niacine, nicotinamide riboside et nicotinamide mononucléotide – sont présents dans la viande, le poisson, les légumineuses et les céréales. Leur fonction principale est de restaurer les niveaux cellulaires de NAD+, un cofacteur essentiel dans la production d’énergie, la réparation de l’ADN et l’activation des sirtuines. Des études sur des animaux ont montré des améliorations musculaires, cérébrales et cardiovasculaires. Chez l’homme, les premiers essais cliniques ont démontré que la supplémentation en nicotinamide riboside et mononucléotide augmente le NAD+ sans effets indésirables significatifs et améliore la tension artérielle, le métabolisme énergétique et la composition corporelle. La communauté scientifique attend les résultats d’études plus avancées pour confirmer ces bénéfices chez l’homme.
La vitamine D, essentielle à la santé des os et à une fonction immunitaire optimale, se trouve dans les poissons gras, les œufs, les produits laitiers et les champignons, bien que la synthèse cutanée par exposition au soleil reste indispensable. Selon Harvard Health, une proportion élevée de personnes âgées en établissements de soins (plus de 80 %) souffre d’une carence en vitamine D. Ce nutriment est essentiel pour prévenir l’ostéoporose et l’ostéosarcopénie, et contribue à réduire le stress oxydatif, l’inflammation et le déclin immunitaire liés au vieillissement. Un apport adéquat favorise à la fois la santé osseuse et musculaire et l’équilibre de la réponse immunitaire, ce qui réduit le risque d’infections et de complications auto-immunes.

La glycine, un acide aminé non essentiel aux effets antioxydants et immunomodulateurs, est particulièrement présente dans le tissu conjonctif de la viande et du poisson. Harvard Health souligne que son inclusion dans l’alimentation, ou sa combinaison avec la N-acétyl-cystéine (GlyNAC), a permis d’obtenir une plus grande longévité et des améliorations de la santé cardiovasculaire, de la fonction mitochondriale et de la capacité physique dans des modèles animaux.
Le Dr Durántez Prados insiste sur le fait que ces nutriments doivent être considérés comme un complément à une alimentation équilibrée et non comme un substitut à des habitudes saines ou à des traitements médicaux. Il conseille d’adapter la supplémentation à chaque individu et d’attendre les résultats des études en cours avant d’en généraliser l’usage.
