Publié le 2024-02-29 14:15:00. L’écrivain et publiciste Ivo Siromakhov a adressé une critique virulente à des responsables politiques bulgares, les accusant de trahir leurs promesses électorales et de menacer la liberté d’expression avec un amendement controversé à la loi sur l’information personnelle.
- Ivo Siromakhov dénonce un amendement législatif qui pourrait entraîner des peines de prison pour ceux qui critiquent publiquement les autorités.
- Il interroge directement les élus sur le non-respect de leurs engagements de campagne, notamment concernant le système électoral et la lutte contre la corruption.
- L’écrivain exprime son désarroi face à ce qu’il perçoit comme un revirement des responsables politiques sur la question de la liberté d’expression.
Dans un message publié, Ivo Siromakhov n’a pas hésité à défier ouvertement les membres du gouvernement, les accusant d’avoir abandonné les principes qui les animaient autrefois. Il a notamment remis en question leur action parlementaire, soulignant l’absence de progrès significatifs sur des sujets clés tels que la réforme électorale et la transparence de la vie politique.
L’amendement en question, qui suscite de vives inquiétudes parmi les défenseurs des libertés publiques, prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à six ans de prison pour quiconque diffuserait des informations personnelles de manière illégale. Les critiques estiment que cette disposition pourrait être utilisée pour museler les voix dissidentes et entraver le travail des journalistes et des activistes.
Siromakhov a énuméré une série de promesses non tenues, notamment la mise en place d’un système électoral majoritaire, l’introduction du vote électronique, l’élection directe du procureur général et des chefs de police, ainsi que la réduction des subventions aux partis politiques et du nombre de députés (de 240 à 120). Il a également rappelé les engagements passés des élus, notamment leur promesse de ne jamais collaborer avec certaines figures controversées.
L’écrivain a conclu son message en affirmant qu’il connaissait déjà les réponses à ses questions, soulignant ainsi son manque de confiance envers les responsables politiques. Il a précisé qu’il ne s’attendait pas à une réponse de leur part.
« Je vous écris ici pour violer publiquement votre loi sur les informations personnelles et avoir des raisons de me mettre en prison pendant 1 à 6 ans. Qu’êtes-vous devenu depuis votre arrivée au pouvoir ? Quel genre de travail avez-vous fait au cours de ces quelques années depuis que vous êtes député, à part offenser les jeunes médecins et tenter de limoger l’orchestre de la radio nationale ? Qu’est-il arrivé aux promesses d’un système électoral majoritaire ? Pour le vote électronique ? Pour l’élection directe du procureur général et des chefs de police ? Réduire la subvention des partis à 1 lev ? Réduire le nombre de députés de 240 à 120 ? Qu’est-il arrivé à vos serments : « Jamais avec Borissov, jamais avec Peevski » ? Pourquoi avez-vous menti à ceux qui ont voté pour vous ? Ne me réponds pas. Je connais les réponses. »
Ivo Siromakhov, écrivain et publiciste
« Je n’arrive toujours pas à croire que ce soit votre groupe politique qui propose cet obscur amendement à la loi qui menace d’emprisonnement quiconque écrit et parle librement. J’ai eu le sentiment qu’au fil des années où nous avons travaillé ensemble, la liberté d’expression était importante pour vous. Je me suis évidemment trompé. »
Ivo Siromakhov, écrivain et publiciste
