Publié le 27 octobre 2025 16:59:00. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a plaidé pour un retour aux valeurs judéo-chrétiennes et à la centralité du droit dans la construction européenne, lors d’un colloque organisé par la Communauté de Sant’Egidio à Rome. Il a souligné la nécessité d’une Europe unie, capable d’agir sur la scène internationale sans effacer les identités nationales.
- Antonio Tajani insiste sur le rôle fondamental des valeurs judéo-chrétiennes et du droit pour l’avenir de l’Europe.
- Lucio Caracciolo, rédacteur en chef de la revue Limes, dénonce une “inertie criminelle” liée à la perte de priorité accordée à la diplomatie.
- Florence Mangin, ambassadrice de France, met en avant l’engagement européen croissant dans des missions militaires et civiles à travers le monde.
Lors de la rencontre internationale de la Communauté de Sant’Egidio, intitulée « Oser la paix », le ministre italien Antonio Tajani a exprimé son optimisme quant à l’avenir de l’Europe, à condition qu’elle retrouve une place prépondérante sur la scène mondiale. Pour lui, cette ambition passe par un retour aux fondements de la tradition judéo-chrétienne, plaçant le droit et l’individu au cœur de ses préoccupations. Il a également réaffirmé l’opposition de l’Europe à la peine de mort.
Selon Tajani, il est impératif de construire un « géant politique » européen, capable d’agir de manière unie tout en respectant les spécificités nationales. Il a souligné que l’Europe doit se définir par ses valeurs et sa capacité à promouvoir la paix et la justice.
Le débat, qui s’est tenu à Rome, a également été marqué par les interventions de Lucio Caracciolo et de Florence Mangin. Caracciolo a mis en garde contre le recul de la diplomatie, estimant que
« avec la diplomatie, la paix est toujours possible »
Lucio Caracciolo, rédacteur en chef de Limes
et dénonçant une
« inertie criminelle »
Lucio Caracciolo, rédacteur en chef de Limes
résultant de la perte de centralité de la diplomatie en Europe. Il a souligné le sentiment d’isolement du Vieux Continent, notamment par rapport aux États-Unis, avec lesquels il diverge sur les approches de la paix.
Caracciolo a également souligné les défis démographiques auxquels l’Europe est confrontée, avec une moyenne d’âge de 50 ans, et s’est interrogé sur sa capacité à mener une guerre. Il a insisté sur la nécessité de redonner à la diplomatie un rôle prioritaire.
Florence Mangin a, pour sa part, nuancé cette vision, rappelant que
« il y a de nombreuses missions militaires et civiles européennes dans le monde, alors que l’Amérique se retire »
Florence Mangin, ambassadrice de France
. Elle a mis en avant l’engagement croissant de l’Europe dans des opérations de maintien de la paix et de développement à l’étranger.
L’ambassadrice a également souligné l’importance de la diplomatie féministe européenne, active dans de nombreux pays avec des programmes concrets visant à promouvoir les droits des femmes.
