Les Oilers d’Edmonton ont remanié leur ligne de gardiens en acquérant Tristan Jarry des Penguins de Pittsburgh vendredi, en retour de Stuart Skinner, qui a suscité de nombreuses critiques. Cette transaction soulève la question de savoir si Jarry apportera enfin la stabilité recherchée dans la cage des Oilers.
Edmonton a obtenu Jarry et le jeune attaquant Samuel Poulin en échange de Skinner, du défenseur vétéran Brett Kulak et d’un choix de deuxième tour en 2029. Pour compenser le départ de Kulak, les Oilers ont cédé un choix de troisième tour en 2027 aux Predators de Nashville en retour du défenseur de 25 ans, Spencer Stastney.
Le directeur général des Oilers, Stan Bowman, était clairement sous pression pour trouver une solution au problème de gardien. L’équipe affiche un taux d’arrêt de seulement 0,873, le plus bas de la ligue, et le duo Skinner-Calvin Pickard a concédé en moyenne 15,6 buts de plus que prévu, selon Natural Stat Trick. Cependant, l’arrivée de Jarry ne garantit pas une amélioration immédiate, les difficultés des Oilers dans ce domaine persistant depuis plusieurs saisons, même à l’époque de Connor McDavid.
Bien que Jarry ait affiché de bons résultats en début de saison 2025-2026, son parcours est parsemé d’incertitudes. Les Oilers ont cédé un choix de deuxième tour sans obtenir de compensation salariale en retour, ce qui soulève des questions quant à la stratégie de l’équipe.
Cette transaction apparaît davantage comme un échange de joueurs du même calibre que comme une véritable amélioration significative. Elle illustre un manque d’audace de la part des Oilers dans leur quête pour construire une équipe capable de rivaliser pour la Coupe Stanley autour de McDavid et Leon Draisaitl.
Sur le papier, Jarry présente de meilleures statistiques que Skinner pour l’instant. Il affiche un taux d’arrêt de 0,909, avec 4,40 buts empêchés au-dessus de la moyenne et un taux d’arrêt de 0,880 sur les tirs dangereux. Skinner, en revanche, a peiné à maintenir son niveau, affichant un taux d’arrêt de 0,891, 3,85 buts accordés au-dessus de la moyenne et un taux d’arrêt de 0,771 sur les tirs dangereux.
Néanmoins, la performance des gardiens est intrinsèquement instable. Un gardien considéré comme faible peut connaître une période de succès, et vice versa. Il est donc crucial d’analyser les tendances sur une période plus longue. Et c’est là que l’échange commence à susciter des inquiétudes pour Edmonton.
Sur les deux dernières saisons (2023-2025), Skinner a surpassé Jarry en termes de performances. En janvier dernier, Jarry avait même été placé sur la liste des waivers en raison de ses mauvaises performances. Toutes les 31 autres équipes, y compris les Oilers, avaient la possibilité de le réclamer, mais aucune ne l’a fait.
Voici une comparaison des statistiques de Jarry et Skinner sur les deux dernières saisons, selon Natural Stat Trick :
| Tristan Jarry | Stuart Skinner | |
| Matchs | 87 | 110 |
| Taux d’arrêt | 0,898 | 0,901 |
| Taux d’arrêt sur les tirs dangereux | 0,782 | 0,797 |
| Buts empêchés au-dessus de la moyenne (GSAA) | -7,94 | -1,15 |
Ce sont des données significatives, bien plus représentatives que les 14 matchs joués par Jarry cette saison, et elles devraient inciter les partisans des Oilers à la prudence. De plus, le palmarès de Jarry en séries éliminatoires n’est pas particulièrement brillant, bien que basé sur un petit échantillon. En huit matchs de séries, il affiche un taux d’arrêt de 0,891 et une moyenne de 3,00 buts alloués par match, des chiffres inférieurs à ceux de Skinner, qui a disputé 50 matchs éliminatoires.
Les Oilers espèrent que Jarry poursuivra sur sa lancée dans son nouvel environnement, mais il a souvent eu du mal à maintenir un niveau de jeu élevé sur une longue période.
Les Oilers, malgré la présence de deux des cinq meilleurs joueurs du monde, occupent actuellement la 14e place de la Conférence de l’Ouest avec un dossier de 14 victoires, 11 défaites et 6 matchs nuls, se contentant d’une place en séries éliminatoires par le biais du tournoi de qualification. Avec McDavid et Draisaitl à l’apogée de leur carrière, Edmonton devrait être une équipe dominante, au même titre que l’Avalanche du Colorado et les Stars de Dallas. Or, l’équipe se bat pour simplement se qualifier.
Cela s’explique en partie par le fait que la direction des Oilers s’est contentée d’apporter des ajustements mineurs, tandis que d’autres prétendants ont réalisé des transactions importantes qui ont eu un impact significatif. Les Oilers ont laissé partir deux jeunes joueurs prometteurs, Dylan Holloway et Philip Broberg, avant la saison 2024-2025. Ils ont également engagé des attaquants vieillissants, Jeff Skinner et Viktor Arvidsson, pour renforcer leur attaque, mais ces mouvements se sont avérés infructueux.
L’incapacité des Oilers à résoudre leurs problèmes de gardien est peut-être le plus grand reproche à l’égard de la direction. Depuis le début de la saison 2021-2022, Edmonton a utilisé Mike Smith, Mikko Koskinen, Jack Campbell, Skinner, Pickard et maintenant Jarry. Chaque transaction n’a été, au mieux, qu’un simple remplacement, sans qu’aucun gardien ne parvienne à assurer une fiabilité constante lorsque cela comptait le plus.
À titre de comparaison, des équipes comme les Panthers de la Floride, les Golden Knights de Vegas, le Lightning de Tampa Bay, l’Avalanche et les Stars n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour acquérir un joueur capable de les mener vers la victoire, même si cela implique de se séparer de joueurs vedettes vieillissants, de ceder des joueurs de la formation ou de sacrifier des choix futurs.
McDavid a signé une prolongation de contrat de deux ans en début de saison, ce qui signifie qu’Edmonton ne sera garanti de le conserver que jusqu’à la fin de la saison 2027-2028. Cela devrait créer un sentiment d’urgence pour les Oilers dans leur quête pour remporter la Coupe Stanley, mais l’acquisition de Jarry pourrait s’avérer être un simple pas en avant, alors que d’autres prétendants visent la lune.
