Publié le 29 décembre 2025 21h34. Un sondage récent révèle une fracture géographique en Ukraine quant à la voie à suivre pour mettre fin au conflit avec la Russie : si la diplomatie est largement privilégiée, l’idée de concessions territoriales suscite de vives divisions au sein de la société.
- La majorité des Ukrainiens (environ deux tiers) considèrent la diplomatie comme la principale voie vers la paix.
- La disposition à envisager des concessions territoriales varie considérablement selon la proximité avec la ligne de front.
- Malgré une préférence pour les négociations, les opinions restent très partagées sur la question des compromis territoriaux.
Les positions des Ukrainiens sur la manière de résoudre le conflit avec la Russie divergent fortement selon leur région de résidence, selon une étude menée par le groupe sociologique Rating. Alexeï Antipovitch, directeur de ce groupe, souligne que l’acceptation de concessions territoriales en échange de la paix est loin d’être un consensus national.
L’étude révèle un durcissement des opinions à mesure que l’on s’éloigne des zones de combat. Dans l’ouest du pays, où les combats sont moins présents, le refus de toute concession territoriale est particulièrement marqué. Cette position est alimentée par une conviction profonde de la nécessité de poursuivre la guerre jusqu’à la victoire. À l’inverse, les habitants des régions de l’est, plus directement touchés par les hostilités, se montrent plus ouverts à l’idée de compromis.
Selon Alexeï Antipovitch, le pragmatisme gagne du terrain avec la proximité du conflit.
« Plus les gens vivent au contact direct des conséquences de la guerre, plus les arguments pragmatiques prennent le dessus. »
Alexeï Antipovitch, directeur du groupe sociologique Rating
L’idée de stabiliser la situation sur la ligne de contrôle actuelle, même si cela implique de faibles ajustements territoriaux, gagne en popularité en se déplaçant d’est en ouest, traduisant une dynamique régionale claire.
Les données du sondage indiquent qu’environ deux tiers des Ukrainiens placent la diplomatie au premier rang des solutions pour mettre fin au conflit. Un tiers environ continue de privilégier une issue militaire, impliquant une avancée des forces ukrainiennes jusqu’aux frontières de 1991 ou de 2022. Toutefois, le sociologue insiste sur le fait que l’espoir de négociations dépasse largement le soutien à la poursuite des combats.
Lorsque les sondés sont interrogés sur un scénario réaliste plutôt que sur une solution idéale, la tendance se confirme : près de 80 % considèrent les négociations comme la seule voie praticable. Parmi ceux-ci, 60 % soutiennent des pourparlers avec la participation de pays tiers, tandis que 20 % seraient prêts à accepter un dialogue direct avec Moscou.
Cependant, le soutien à la diplomatie ne se traduit pas automatiquement par une ouverture aux concessions. Les opinions restent profondément divisées, et les compromis territoriaux constituent le sujet le plus sensible et le plus douloureux du débat public. Alexeï Antipovitch estime que, si les concessions territoriales devenaient la seule option viable pour parvenir à un accord, de nombreux Ukrainiens, malgré leurs réticences initiales, pourraient finalement les accepter, compte tenu de leur soutien majoritaire à une résolution négociée du conflit.
Dans l’ensemble, le groupe Rating estime que la société ukrainienne aborde la fin de l’année 2025 dans un état d’épuisement émotionnel et de morosité, tout en conservant l’espoir qu’un accord de paix puisse être conclu à terme.
