L’armée ougandaise a démenti ce samedi les allégations concernant l’arrestation du principal leader de l’opposition, Bobi Wine, alors que le dépouillement des voix de l’élection présidentielle touche à sa fin. Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions et d’interruptions de communication persistantes dans le pays.
Selon son parti, Bobi Wine aurait été « emmené de force » de son domicile par un hélicoptère militaire vendredi. L’armée a catégoriquement nié ces informations. « Les rumeurs concernant sa prétendue arrestation sont infondées et sans aucun fondement », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le porte-parole militaire, Chris Magezi. « Elles visent à inciter ses partisans à des actes de violence. »
Des journalistes de l’AFP ont constaté une atmosphère calme devant la résidence de Bobi Wine tôt samedi matin, mais n’ont pas pu joindre les membres de son parti en raison des coupures de communication continues. Un commerçant voisin, Prince Jerard, 29 ans, a affirmé avoir entendu des drones et un hélicoptère au-dessus de la résidence la nuit précédente, signalant également une présence accrue des forces de sécurité. « Beaucoup de gens sont partis (de la région) », a-t-il témoigné. « Nous avons très peur. »
À ce stade, avec plus de 80 % des votes dépouillés vendredi, les résultats provisoires de la Commission électorale placent le président Yoweri Museveni en tête avec 73,7 % des voix, contre 22,7 % pour Bobi Wine. Museveni, 81 ans, est au pouvoir depuis 1986 et semble se diriger vers un sixième mandat consécutif.
Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, 43 ans, s’est imposé ces dernières années comme le principal challenger de Museveni. Il se présente comme le « président du ghetto », en référence aux bidonvilles de Kampala où il a grandi. Il a dénoncé un « bourrage massif des bulletins de vote » et des attaques contre des responsables de son parti, sur fond de coupures d’Internet imposées avant et pendant le scrutin de jeudi.
Ces allégations n’ont pu être vérifiées de manière indépendante. Cependant, le bureau des droits de l’homme des Nations Unies avait déjà souligné la semaine dernière que les élections se déroulaient dans un climat de « répression et d’intimidation généralisées » à l’encontre de l’opposition.
Des incidents violents ont été signalés dans plusieurs régions du pays. Muwanga Kivumbi, député du parti de Bobi Wine dans la région de Butambala, au centre de l’Ouganda, a déclaré à l’AFP que les forces de sécurité avaient tué 10 de ses agents de campagne après avoir pris d’assaut son domicile.
L’élection a été perturbée par des problèmes techniques importants, notamment des dysfonctionnements des machines biométriques utilisées pour l’identification des électeurs et des retards dans la livraison des bulletins de vote dans de nombreuses zones.
