Publié le 27 septembre 2023. Lors de son intervention devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a mis en garde contre la complaisance face aux États soutenant le terrorisme, tout en pointant du doigt, sans le nommer explicitement, le Pakistan comme un foyer majeur de l’activité terroriste mondiale.
- Le ministre Jaishankar a souligné que les principales attaques terroristes internationales des dernières décennies ont été tracées jusqu’au Pakistan.
- L’Inde a réagi avec fermeté aux accusations du Pakistan concernant un récent affrontement, affirmant que c’est l’armée pakistanaise qui a sollicité un cessez-le-feu.
- New Delhi exige la fermeture immédiate des camps terroristes pakistanais et l’extradition des terroristes recherchés par les États-Unis.
S’adressant à l’Assemblée générale, M. Jaishankar a averti que « ceux qui tolèrent les nations qui parrainent le terrorisme finiront par en subir les conséquences ». Il a implicitement accusé le Pakistan d’être un épicentre du terrorisme, rappelant que les listes de terroristes des Nations Unies sont largement composées de ressortissants pakistanais. Il a également évoqué le meurtre de touristes innocents à Pahalgam plus tôt cette année, affirmant que l’Inde a « exercé son droit de défendre son peuple et a traduit en justice les organisateurs et les auteurs » de cet acte.
Le ministre indien a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour lutter contre le terrorisme, une menace qu’il a qualifiée de « menace partagée ». Il a fermement condamné les États qui considèrent le terrorisme comme un instrument de politique étatique, ceux qui permettent aux centres terroristes de fonctionner à grande échelle et ceux qui glorifient publiquement les terroristes.
« Lorsque les nations déclarent ouvertement le terrorisme une politique de l’État, lorsque les centres terroristes opèrent à une échelle industrielle, lorsque les terroristes sont publiquement glorifiés, de telles actions doivent être condamnées sans équivoque »
Subrahmanyam Jaishankar, ministre indien des Affaires étrangères
Cette prise de position intervient après que l’Inde a contredit les affirmations du Pakistan selon lesquelles ce dernier aurait remporté un récent affrontement avec New Delhi. L’Inde a répondu à l’ONU que si des « pistes détruites et des hangars brûlés » étaient considérées comme une victoire, le Pakistan était libre d’en profiter. New Delhi a affirmé que c’est l’armée pakistanaise qui a directement demandé un cessez-le-feu et a appelé Islamabad à fermer immédiatement tous les camps terroristes et à extrader les terroristes recherchés par les États-Unis.
La diplomate indienne Petal Gahlot a vivement critiqué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dénonçant ses « théâtralités absurdes » et ses prétentions à la recherche de la paix. Elle a rappelé que le Pakistan avait abrité Oussama ben Laden Oussama ben Laden pendant une décennie tout en prétendant participer à la lutte contre le terrorisme. Gahlot a également souligné que le Pakistan a protégé « le front de la résistance », une organisation terroriste responsable du massacre de Pahalgame, où des hindous ont été tués en raison de leur religion. Elle a réaffirmé que l’Inde a exercé son droit de se défendre contre de telles actions et a traduit en justice les responsables.
L’Inde a également réitéré sa position selon laquelle il n’y a pas de place pour une médiation tierce dans les différends bilatéraux avec le Pakistan, rejetant ainsi les tentatives d’Islamabad d’impliquer les États-Unis et d’autres nations dans le conflit. Washington, après avoir brièvement tenté de jouer un rôle de médiateur, est revenu à sa position antérieure, estimant que le différend doit être résolu bilatéralement.
Le Premier ministre Sharif avait précédemment plaidé en faveur du respect des « sacrifices » du Pakistan en tant que rempart contre le terrorisme, affirmant que sans l’intervention pakistanaise, les terroristes auraient pu frapper New York, Londres et l’Extrême-Orient. Il a rappelé à l’ONU que des terroristes pakistanais, tels que Ramzi Yousef, Khalid Shaikh Mohd et Oussama ben Laden, étaient responsables des attentats de 1993 et 2001 contre le World Trade Center, et que Faisal Shahzad, fils d’un Pakistanais, avait tenté d’attenter à la vie de personnes à Times Square en 2010.
Enfin, Gahlot a critiqué la référence de Sharif à « l’extrémisme hindou », la qualifiant d’« ironique » de la part d’un pays « imprégné de haine, de fanatisme et d’intolérance ». Elle a conclu en affirmant que l’Inde ne fera aucune distinction entre les terroristes et leurs sponsors, et qu’elle ne permettra pas que le terrorisme soit utilisé comme un moyen de chantage nucléaire.
