Publié le 26 octobre 2023 08:30:00. Un militaire sud-coréen a été blessé ce jeudi matin par une explosion survenue près de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées, relançant les tensions à la frontière et intervenant alors que Séoul cherche à renouer le dialogue avec Pyongyang.
- Un officier de l’armée sud-coréenne a été blessé par une explosion dans le secteur ouest de la Ligne de démarcation militaire (LDM).
- L’incident s’est produit dans la Zone démilitarisée (DMZ), une zone fortement minée.
- Séoul a proposé lundi dernier une réunion militaire avec la Corée du Nord pour réduire les risques d’affrontements accidentels.
L’explosion, survenue ce jeudi matin, a blessé un officier sud-coréen alors qu’il effectuait une patrouille près de la Ligne de démarcation militaire (LDM), selon des sources du ministère de la Défense de Séoul. Le soldat a été rapidement évacué par hélicoptère et son état est jugé stable, sans que sa vie ne soit en danger.
L’incident s’est produit dans la Zone démilitarisée (DMZ), une bande de terre de quatre kilomètres de large et de 250 kilomètres de long qui traverse la péninsule coréenne. Cette zone, vestige de la guerre de Corée (1950-1953), est tristement célèbre pour sa forte concentration d’explosifs non explosés et de mines terrestres, en plus d’abriter une biodiversité remarquable.
Pour l’heure, les autorités sud-coréennes n’ont pas déterminé l’origine exacte de l’explosion. L’enquête est en cours.
Cet événement intervient quelques jours après une initiative de Séoul visant à apaiser les tensions. Lundi dernier, la Corée du Sud a proposé à la Corée du Nord de tenir une réunion militaire afin de discuter de mesures visant à réduire le risque d’affrontements accidentels le long de la frontière. Il s’agit de la première proposition officielle de dialogue formulée par le gouvernement du président Lee Jae-myung depuis son entrée en fonction en juin.
Kim Hong-chul, directeur général des affaires politiques du ministère sud-coréen de la Défense, a déclaré dans un communiqué : « Nous proposons officiellement de tenir une réunion entre les autorités militaires du Nord et du Sud pour discuter de l’établissement d’une ligne de base claire de la LDM, afin d’éviter des affrontements accidentels et de réduire les tensions militaires ».
Selon M. Kim, des soldats nord-coréens ont franchi à plusieurs reprises la LDM au cours d’opérations de clôture et de pose de mines. Le ministère de la Défense a précisé que le nombre d’incursions de l’armée nord-coréenne cette année dépasse déjà la dizaine, contre moins de dix durant la période précédente.
Le dernier incident en date a eu lieu le 19 octobre, lorsque plus de 20 soldats nord-coréens ont franchi la frontière près de la ville sud-coréenne de Paju, située au nord-ouest du pays. L’armée sud-coréenne a réagi en émettant des avertissements par haut-parleurs et en tirant des coups de sommation, ce qui a contraint les troupes nord-coréennes à se retirer. Kim Hong-chul a mis en garde contre le risque d’escalade militaire si des critères clairs pour la délimitation de la frontière ne sont pas établis.
Le problème est exacerbé par la disparition progressive des marqueurs originaux de la LDM, installés après l’armistice de 1953, ce qui a entraîné des divergences dans la perception de la ligne de démarcation entre les deux pays. C’est pourquoi la Corée du Sud a proposé que les critères de délimitation soient discutés lors d’une réunion intercoréenne qui se tiendrait à Panmunjom, le village de la trêve situé au cœur de la DMZ.
Malgré l’espoir de Séoul d’obtenir une « réponse positive et rapide » de Pyongyang, le régime de Kim Jong Un n’a jusqu’à présent pas donné suite aux invitations répétées au dialogue formulées par Lee Jae-myung, maintenant son refus de tout contact et durcissant son discours à l’encontre de l’administration sud-coréenne.
Les dernières réunions militaires de haut niveau entre les deux Corées remontent à 2018. Même la visite du président américain Donald Trump en Corée du Sud le mois dernier n’a pas permis de relancer un sommet avec Pyongyang, qui continue de rejeter toute négociation impliquant la dénucléarisation de la péninsule.
Bien qu’un cessez-le-feu soit en vigueur, la Corée du Nord et la Corée du Sud sont techniquement toujours en guerre, l’armistice conclu il y a sept décennies n’ayant pas été suivi d’un traité de paix formel. Les autorités sud-coréennes ont signalé cette année une dizaine d’incursions nord-coréennes le long de la frontière.
En 2015, un incident similaire impliquant l’explosion de mines terrestres posées par la Corée du Nord avait gravement blessé deux soldats sud-coréens lors d’une patrouille, l’un d’eux perdant ses deux jambes et l’autre étant amputé d’un pied. Ce nouvel épisode souligne une fois de plus les dangers persistants sur l’une des frontières les plus militarisées et les plus tendues au monde.
(Avec informations de l’AFP et de l’EFE)
