Publié le 24 septembre 2025. Plus de 4 000 cas de virus Oropouche ont été recensés à Cuba cette année, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires face à un risque potentiel de transmission à la mère et à l’enfant, ainsi qu’une possible voie de contamination sexuelle.
- Cuba fait face à une épidémie de virus Oropouche avec plus de 4 100 cas signalés en 2025.
- La transmission potentielle du virus de la mère à l’enfant est une source de préoccupation majeure, avec des études suggérant un lien possible avec des complications graves pendant la grossesse.
- Des preuves émergent concernant une possible transmission sexuelle du virus, incitant à la prudence.
L’épidémie de virus Oropouche (OROV) se propage à Cuba, avec un total de 4 119 cas confirmés jusqu’à présent en 2025, dont 36 ont été confirmés en laboratoire. Ce virus, transmis principalement par les moustiques Culicoïdes paraensis, provoque des symptômes similaires à ceux de la grippe, notamment une forte fièvre, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires, des frissons, des nausées et une sensibilité à la lumière. Bien que la maladie dure généralement entre trois et six jours, elle peut persister plus longtemps et, dans certains cas, évoluer vers des formes plus graves comme une méningite aseptique. La période d’incubation est habituellement de quatre à huit jours.
L’aspect le plus préoccupant de cette épidémie réside dans la possibilité d’une transmission verticale du virus, c’est-à-dire de la mère à l’enfant. Des recherches menées au Brésil ont mis en évidence des cas de mortinaissances, de fausses couches et de nouveau-nés atteints de microcéphalie, potentiellement liés à une infection par le virus Oropouche. Bien qu’un lien de causalité direct n’ait pas encore été établi, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont émis un avertissement et recommandent aux femmes enceintes de faire preuve de vigilance et aux médecins de surveiller attentivement les infections pendant la grossesse.
Par ailleurs, des études ont révélé la présence du virus dans le sperme de personnes infectées, suggérant une voie de transmission sexuelle. À ce jour, aucun cas de transmission sexuelle confirmée n’a été rapporté, mais les CDC conseillent de prendre des précautions supplémentaires, notamment l’utilisation de préservatifs ou l’abstinence sexuelle, pour les voyageurs se rendant dans les zones touchées, et ce pendant six semaines après leur retour.
Le virus Oropouche est actuellement présent à Cuba, ainsi que dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, notamment le Brésil, le Panama et le Pérou. La maladie peut affecter des personnes de tous âges et est souvent confondue avec la dengue. Les personnes présentant des symptômes tels qu’une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des raideurs articulaires, des nausées ou une sensibilité à la lumière, pendant ou jusqu’à deux semaines après un voyage dans les zones à risque, doivent consulter un médecin sans délai. Il est important d’éviter la prise d’aspirine ou d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène, car ils peuvent augmenter le risque de saignement. Le paracétamol est considéré comme une alternative plus sûre.
Les autorités sanitaires soulignent la nécessité de mesures préventives pour les voyageurs et d’une sensibilisation accrue des professionnels de la santé aux risques liés au virus Oropouche, en particulier chez les femmes enceintes. Malgré le nombre relativement faible de cas recensés à Cuba jusqu’à présent, la circulation du virus doit être prise au sérieux en raison des conséquences potentiellement graves pour les enfants à naître.
