De la reine Marie-Antoinette à l’icône de la pop Paris Hilton, l’histoire révèle des parallèles troublants entre celles qui captivent l’imagination du public et celles qui finissent par en devenir le bouc émissaire. Une soirée londonienne en 2003 a marqué un tournant pour Paris Hilton, la propulsant au rang de phénomène culturel, mais aussi, à terme, vers une forme de disgrâce.
En mai 2003, Paris Hilton a organisé une fête mémorable dans les célèbres Stork Rooms de Londres. Son apparition, vêtue d’une mini-robe en maille argentée signée Julien McDonald et d’un tour de cou scintillant, est rapidement devenue l’une des images emblématiques du début des années 2000. Ce soir-là, Hilton n’était plus simplement une invitée dans un club : elle était l’événement.
Dans ses mémoires, Paris Hilton elle-même décrit cette période comme « peut-être la plus grande célébration du vingt et unième siècle depuis Marie-Antoinette ». Elle ignorait alors que, comme la reine de France avant elle, elle passerait du statut d’« it girl » adulée à celui de cible privilégiée des critiques.
Marie-Antoinette, même jeune et effrayée à 14 ans lorsqu’elle fut envoyée d’Autriche pour épouser un étranger, possédait un certain je ne sais quoi. Malgré ses origines étrangères, la cour de France fut immédiatement séduite par sa beauté, son style et son élégance. Au-delà de Versailles, le public l’accueillit favorablement, la considérant comme un symbole de renouveau dans les dernières années tumultueuses du règne de Louis XV, marqué par des scandales, des maîtresses et des défaites militaires.
Antonia Fraser, dans son ouvrage Marie-Antoinette : le voyage – qui a servi de base au film de Sofia Coppola sorti en 2006, Marie Antoinette avec Kirsten Dunst – relate que les enfants lui offraient des paniers de fleurs et que les jeunes filles de la bourgeoisie lui lançaient des fleurs sur son passage.
En tant que dauphine, presque tous les aspects de la vie de Marie-Antoinette étaient soumis à la cérémonie et à l’observation publique. Elle mangeait, s’habillait, priait, se baignait et, plus tard, accouchait même devant une foule. Une scène marquante du film de Coppola montre le personnage principal réveillé par une procession de dames d’honneur, chacune insistant pour l’aider à s’habiller selon un ordre de préséance strict, illustrant la rigidité de la Cérémonie du Lever. Dunst, dans le rôle de la reine, marmonne alors : « C’est ridicule. »
La vie quotidienne à Versailles était régie par des règles strictes concernant qui pouvait s’approcher de la dauphine, qui pouvait parler, s’asseoir ou même respirer en sa présence. Versailles était une cage dorée, et Marie-Antoinette en était la prisonnière.
