Publié le 24 septembre 2025. Des tensions vives opposent les ministères du gouvernement irlandais au département des dépenses publiques et de la réforme (DPER) alors que les négociations budgétaires s’intensifient à quelques jours de l’annonce des chiffres clés pour l’année prochaine.
- Plusieurs ministères, dont la Santé, l’Éducation, l’Enfance, le Logement et la Protection sociale, sont en désaccord avec le DPER concernant leurs allocations financières.
- Le ministre des dépenses publiques, Jack Chambers, insiste pour que les dépenses exceptionnelles des années précédentes ne soient pas intégrées dans la base budgétaire de 2026.
- Une réduction de la TVA dans le secteur hôtelier et une refonte des incitations fiscales pour la recherche et développement sont à l’étude.
Les discussions budgétaires se déroulent dans un contexte de contraintes financières importantes, le gouvernement cherchant à maîtriser la croissance des dépenses publiques. Les ministres se sont affrontés lors de réunions récentes, selon des sources proches des négociations, alors que le pays se prépare à présenter un budget particulièrement austère.
Le différend avec le Département de l’Éducation est particulièrement marqué. Les responsables du ministère, dirigés par Helen McEntee, s’opposent fermement aux restrictions imposées par le DPER concernant l’embauche de 3 000 à 4 000 enseignants et autres personnels supplémentaires. Le DPER estime qu’il n’y a pas de marge de manœuvre pour de nouvelles embauches, ce qui pourrait ralentir la réduction du nombre d’élèves par enseignant.
Outre l’éducation, d’autres ministères centraux contestent les demandes du DPER concernant les dépassements budgétaires de l’année en cours et la manière dont ils doivent être pris en compte dans le budget 2026. Le ministre des dépenses publiques, Jack Chambers, maintient que les fonds alloués aux mesures de lutte contre le coût de la vie ou aux départements à fortes dépenses ces dernières années doivent être considérés comme des dépenses nouvelles si elles sont renouvelées en 2026.
Cette approche, selon les critiques, pourrait limiter les possibilités de nouvelles initiatives politiques. Cependant, M. Chambers et le ministre des Finances, Pascal Donohoe, sont déterminés à freiner la croissance des dépenses courantes et à mettre fin aux paiements ponctuels observés ces dernières années.
En août dernier, M. Chambers avait adressé une lettre aux ministres seniors, les exhortant à veiller à l’efficacité des dépenses dans le cadre de la préparation du budget. Il avait souligné l’importance de maximiser l’impact des ressources existantes.
Certains membres du gouvernement craignent que ces exigences ne compromettent la capacité de la coalition à présenter des avancées politiques significatives. D’autres ministres, en revanche, auraient demandé des augmentations de dépenses jugées irréalistes, allant jusqu’à une croissance à deux chiffres dans certains cas.
Parmi les pistes envisagées figure une réduction de la TVA pour le secteur hôtelier à partir de juillet 2026, bien que les dirigeants de la coalition reconnaissent les risques liés à une mesure aussi coûteuse, qui pourrait limiter les possibilités de baisses d’impôts sur le revenu pour les travailleurs. Une réduction de la TVA sur la vente de nouveaux logements est également à l’étude, ainsi qu’une réforme des incitations fiscales à la recherche et développement pour soutenir les petites entreprises locales.
Les dirigeants et les ministres chargés du budget se réuniront vendredi, et les négociations pourraient se prolonger tout au long du week-end à l’approche de la date de présentation du budget. D’autres facteurs de pression sur les finances publiques incluent la présidence de l’Union européenne l’année prochaine et l’existence d’une « année de 53 semaines » en raison du décalage du jour de l’année, ce qui entraînera 53 jours de paie au lieu de 52.
Le gouvernement a reçu des recommandations de l’Institut de recherche économique et sociale, de la Banque centrale et du Conseil des conseils fiscaux irlandais pour modérer la croissance des dépenses.
