Publié le 23 octobre 2025 05:45:00. Face à une dégradation du contexte géopolitique, plusieurs pays européens invitent leurs citoyens à se préparer à d’éventuelles crises en constituant des réserves alimentaires et logistiques, une mesure inédite depuis la Guerre froide.
- L’Allemagne a réactivé ses recommandations en matière de protection civile, conseillant aux habitants de stocker des provisions pour plusieurs jours.
- Le Royaume-Uni exhorte également ses foyers à se munir de conserves, d’eau et de médicaments, anticipant des perturbations potentielles des chaînes d’approvisionnement.
- La Suède, nouvellement intégrée à l’OTAN, a lancé un programme de stockage d’urgence des céréales.
L’initiative européenne, motivée par la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques croissantes, et les risques de sabotage et de cyberattaques, vise à renforcer la résilience des populations face à des crises potentielles. L’Union européenne a publié en mars dernier un document de 18 pages détaillant les mesures à prendre pour faire face à ces nouvelles réalités.
L’Office fédéral allemand de la protection civile et des secours en cas de catastrophe (BBK) a, pour la première fois depuis 35 ans, mis en garde contre la possibilité d’un conflit armé. Ce signal d’alarme se traduit par la publication du guide « Se préparer aux crises et aux catastrophes », une réponse directe à la guerre russo-ukrainienne et aux menaces du Kremlin envers la sécurité européenne, selon Turquie Aujourd’hui.
Le BBK recommande aux citoyens allemands de constituer des réserves alimentaires pour une durée de 3 à 10 jours en cas de crise ou de guerre. Le guide détaille les quantités recommandées : huit caisses d’eau, 20 boîtes de légumes de 800 grammes, 12 boîtes de fruits, 7 à 9 cartons de lait, de l’huile de cuisson, des œufs et des produits carnés.
Le Royaume-Uni adopte une approche similaire, exhortant les ménages à se préparer à des perturbations majeures dans le secteur énergétique ou les chaînes d’approvisionnement, en stockant des conserves, de l’eau, des médicaments et de la nourriture pour animaux de compagnie. Selon un document d’orientation gouvernemental cité par London Loves Business, le pays doit « se réveiller et commencer à se préparer » à la possibilité d’une « attaque dans la zone grise » qui pourrait affecter les approvisionnements essentiels.
« Pour la première fois depuis de nombreuses années, nous devons nous préparer activement à la possibilité que le Royaume-Uni soit directement menacé, potentiellement dans un scénario de guerre. »
Document d’orientation du gouvernement britannique pour les temps de crise
La Suède, récemment entrée dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a également lancé une initiative nationale de réserves alimentaires, la première depuis la Guerre froide, en raison de l’augmentation des tensions avec la Russie. Le gouvernement suédois a alloué 575 millions de couronnes suédoises (environ 998 milliards de roupies) au stockage d’urgence des céréales, en privilégiant les régions du nord du pays, comme le rapporte Newsweek.
L’Union européenne, quant à elle, a publié en mars un document de 18 pages invitant les citoyens à s’adapter à la nouvelle donne géopolitique. Elle conseille de constituer des réserves de nourriture et de fournitures logistiques pour une durée de 72 heures, soulignant que « la période initiale est la plus critique » en cas de perturbation des systèmes. CNN rapporte que l’UE appelle à un changement de mentalité pour favoriser une culture de préparation et de résilience, et propose d’intégrer des cours de préparation aux risques dans les programmes scolaires, notamment pour lutter contre la désinformation.
« La nouvelle réalité exige un nouveau niveau de préparation en Europe. Nos citoyens, nos États membres et nos entreprises ont besoin des outils adéquats pour agir, à la fois pour prévenir les crises et pour réagir rapidement en cas de catastrophe. »
Ursula von der Leyen, Présidente de l’Union européenne
Ces initiatives témoignent d’une prise de conscience accrue des risques sécuritaires auxquels l’Europe est confrontée et d’une volonté de renforcer la préparation des populations face à des crises potentielles.
