Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un rocher saoudien, fendu en deux avec une précision déconcertante, continue de défier les géologues et alimente les spéculations sur son origine, entre phénomènes naturels et intervention humaine.
- Le rocher d’Al Naslaa, situé près de l’oasis de Tayma en Arabie saoudite, présente une fissure parfaitement droite et lisse qui le divise en deux blocs symétriques.
- Plusieurs théories géologiques tentent d’expliquer cette formation unique, allant de la tectonique des plaques à l’érosion éolienne et au gel-dégel.
- Outre son mystère géologique, le site abrite d’anciens pétroglyphes témoignant d’une présence humaine et culturelle millénaire.
À une cinquantaine de kilomètres au sud de l’oasis de Tayma, en Arabie saoudite, se dresse Al Naslaa, un rocher qui intrigue les scientifiques depuis des décennies. Sa particularité la plus frappante est une fissure d’une régularité presque parfaite qui le sépare en deux moitiés, chacune reposant sur une base rocheuse distincte. Cette séparation nette, d’une largeur comparable à celle d’un crayon, donne l’impression que le rocher a été fendu à l’aide d’un outil de haute précision, voire d’un faisceau laser.
Les chercheurs, cités par IFLScience, considèrent Al Naslaa comme une véritable énigme géologique. La formation rocheuse, haute d’environ 6 mètres et large de 9 mètres, est constituée de deux imposants blocs de grès. La fissure qui les sépare est remarquablement droite et lisse, suggérant une division autrefois unique d’un seul et même rocher.
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène. Une des théories les plus courantes évoque la tectonique des plaques. Selon cette hypothèse, Al Naslaa serait située au-dessus d’une ligne de faille. Les mouvements du sol sous-jacent auraient créé de petites fissures, progressivement élargies par l’érosion éolienne et l’action du sable au fil des millénaires. Le vent, chargé de fines particules abrasives, aurait sculpté la fissure jusqu’à lui donner sa forme actuelle.
Une autre explication possible est liée au processus de jointoiement, un phénomène géologique qui se traduit par la formation de fissures dans les roches sans déplacement des blocs. En géologie, ces joints peuvent souvent créer des motifs de fractures très droits et symétriques, comme c’est le cas à Al Naslaa. L’altération par le gel et le dégel, un processus où l’eau s’infiltre dans les fissures, gèle, se dilate et les élargit progressivement, est également une piste explorée par les scientifiques.
Au-delà de son mystère géologique, Al Naslaa présente un intérêt archéologique certain. La surface du rocher est ornée d’anciens pétroglyphes, des gravures rupestres représentant des animaux et des figures humaines. Ces sculptures témoignent de la présence humaine dans la région de Tayma depuis des milliers d’années et suggèrent que le site était autrefois un centre culturel important. Le grès, matériau relativement tendre, s’est avéré propice à la réalisation de ces œuvres.
Enfin, la forme particulière d’Al Naslaa, avec ses deux blocs reposant sur des socles plus étroits, rappelle celle des “roches en champignon”, des formations courantes dans les paysages désertiques, résultant de l’érosion différentielle des roches. Al Naslaa est aujourd’hui une destination prisée des touristes et des scientifiques, attirés par son énigme et sa beauté naturelle, située non loin de la réserve naturelle d’Al Khanafah, au nord-ouest de l’Arabie saoudite.
L’auteur est stagiaire au ministère du Travail de detikcom
