Publié le 4 octobre 2024 à 02h25. Une avancée médicale majeure pourrait révolutionner la transplantation rénale en permettant de transformer des reins incompatibles en donneurs universels, offrant ainsi une lueur d’espoir aux milliers de patients en attente.
- Plus de 90 000 Américains attendent actuellement un rein, et près de la moitié d’entre eux ont un groupe sanguin qui rend la recherche d’un donneur particulièrement difficile.
- Des scientifiques ont mis au point une technique enzymatique permettant de convertir un rein de groupe A en rein de groupe O, compatible avec tous les receveurs.
- Bien que des défis subsistent, cette percée ouvre la voie à une réduction significative des temps d’attente et à une meilleure accessibilité aux transplantations.
La pénurie d’organes demeure un problème de santé publique majeur à travers le monde. Aux États-Unis, plus de 90 000 personnes sont inscrites sur la liste d’attente nationale pour une greffe rénale, selon l’organisation UNOS (United Network for Organ Sharing). La compatibilité du groupe sanguin constitue un obstacle majeur, en particulier pour les patients de groupe O, qui ne peuvent recevoir que des reins de donneurs de groupe O, une ressource limitée. En conséquence, ces patients sont souvent contraints d’attendre deux à quatre ans de plus qu’un receveur d’un autre groupe sanguin.
L’innovation repose sur l’utilisation d’enzymes spécifiques capables de supprimer les antigènes responsables de l’incompatibilité du groupe sanguin A. Les chercheurs ont ainsi réussi à « effacer » les marqueurs du groupe A d’un rein de donneur, le transformant en un rein de groupe O, potentiellement compatible avec tous les receveurs. Cette prouesse a été testée avec succès sur un rein transplanté dans un patient décédé, avec l’accord de sa famille.
Pendant les deux premiers jours suivant la transplantation, le rein modifié a fonctionné normalement, sans signe de rejet immunitaire. Cependant, au troisième jour, certains antigènes ont réapparu, déclenchant une réaction du système immunitaire du receveur. Malgré cet obstacle, les scientifiques considèrent cette expérience comme une preuve de concept cruciale.
« Nous présentons ici un protocole de désensibilisation centré sur le donneur, convertissant les reins de type A en reins O par voie enzymatique pendant une perfusion hypothermique pour éliminer l’antigène A des reins. Aucun anticorps anti-A n’a été observé, et aucun rejet hyperaigu n’a été observé »,
Les chercheurs
Cette avancée pourrait avoir des implications considérables pour le système de transplantation aux États-Unis. En augmentant le nombre de reins disponibles pour les patients de groupe O, elle pourrait réduire considérablement les temps d’attente et sauver des vies. De plus, elle pourrait rendre les transplantations plus sûres en diminuant le besoin de traitements immunosuppresseurs agressifs.
Le processus de conversion enzymatique implique une perfusion du rein du donneur avec une solution contenant les enzymes spécifiques pendant environ deux heures. Cette étape permet d’éliminer les antigènes responsables du rejet. Le rein est ensuite conservé selon les protocoles de transplantation standard jusqu’à l’intervention chirurgicale.
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à améliorer la durabilité de l’élimination des antigènes et à combiner cette technique enzymatique avec des médicaments anti-rejet déjà utilisés en transplantation. Les scientifiques envisagent également d’appliquer cette méthode à d’autres organes, tels que les poumons, les cœurs et les foies, où la compatibilité du groupe sanguin constitue également un défi majeur. Des tests préliminaires sur des poumons en laboratoire ont déjà été menés avec des résultats encourageants.
Cette recherche prometteuse ouvre de nouvelles perspectives pour l’avenir de la transplantation d’organes, offrant l’espoir d’une meilleure accessibilité et d’une plus grande efficacité pour les patients dans le monde entier.
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