Publié le 2024-10-21 10h15. Un audacieux cambriolage a frappé le musée du Louvre à Paris, laissant les autorités et le monde de la culture sous le choc et lançant une vaste enquête pour retrouver les auteurs et les joyaux historiques dérobés.
- Le Louvre restera fermé lundi suite au vol de huit bijoux précieux.
- Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu un « échec » de la sécurité du musée.
- Les enquêteurs recherchent un commando de quatre individus ayant utilisé une nacelle élévatrice pour accéder au musée.
Le musée du Louvre a été la cible d’un spectaculaire cambriolage dans la nuit de dimanche à lundi. Les voleurs ont dérobé huit bijoux d’une valeur inestimable, appartenant à d’anciennes reines et impératrices, notamment des diadèmes, des colliers, des boucles d’oreilles et des broches serties de pierres précieuses. Parmi les pièces dérobées figure la couronne de l’impératrice Eugénie (1826-1920), ornée d’émeraudes et de centaines de diamants, qui a été retrouvée endommagée à proximité du musée, apparemment perdue par les auteurs lors de leur fuite.
La découverte du vol a provoqué une onde de choc au sein du gouvernement français. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu publiquement un manque de sécurité.
« Nous avons échoué là-bas. »
Gérald Darmanin, ministre de la Justice
Il a également exprimé sa crainte que cet incident ne porte atteinte à l’image de la France. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a quant à elle admis que la protection des musées avait été négligée pendant trop longtemps.
« Nous avons affaire ici à un crime organisé, nous devons donc fournir les ressources nécessaires dès maintenant. »
Rachida Dati, ministre de la Culture
L’enquête, menée sous la direction du parquet de Paris, se concentre sur un commando de quatre personnes masquées qui se seraient enfuies à bord de scooters performants. Selon la procureure de Paris, Laure Beccuau, il est possible que ces individus ne soient que des exécutants au service d’une organisation criminelle plus vaste. Les enquêteurs analysent les images de vidéosurveillance du musée, l’un des sites touristiques les plus fréquentés de Paris, dans l’espoir de recueillir des indices.
Le mode opérandi des voleurs est particulièrement audacieux. Ils ont garé un camion équipé d’une nacelle élévatrice sur le trottoir face à la Seine et ont installé des cônes d’avertissement pour dissimuler leur opération. Deux des agresseurs ont attendu dans la rue en scooter tandis que les deux autres ont utilisé la nacelle pour atteindre un balcon au premier étage du musée. Ils ont ensuite détruit une fenêtre à l’aide d’une tronçonneuse pour accéder directement à la Galerie d’Apollon, où ils ont menacé le personnel et forcé deux vitrines.
Les autorités ont souligné la valeur culturelle et historique inestimable des bijoux volés, qui dépasse largement leur valeur marchande. Une question cruciale se pose désormais : les bijoux ont-ils été fondus rapidement après le cambriolage afin de revendre l’or et les pierres précieuses ? Les experts craignent que les diamants ne soient vendus sur le marché noir, rendant leur identification et leur récupération plus difficiles. L’ “artnapping”, ou enlèvement d’œuvres d’art contre rançon, est également une piste envisagée.
Le président Emmanuel Macron a qualifié le vol d’attaque contre le patrimoine culturel français.
« Le vol au Louvre est une atteinte à un bien culturel que nous valorisons car il fait partie de notre histoire. Nous allons récupérer les œuvres et traduire les auteurs en justice. »
Emmanuel Macron, président de la République
Il a également rappelé que le projet de modernisation du Louvre, présenté en janvier, prévoit un renforcement des mesures de sécurité.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est dit confiant quant à la rapidité de la résolution de l’affaire, soulignant que les voleurs ont laissé sur place des gants, des outils et une radio, ainsi qu’un gilet de haute visibilité, autant d’éléments qui pourraient fournir des indices précieux aux enquêteurs. L’expert en art autrichien Otto Hans Ressler a exprimé son optimisme quant à la possibilité de retrouver les œuvres à terme.
Le Parisien rapporte que les systèmes d’alarme se sont déclenchés lors de l’effraction, et que cinq employés du musée sont intervenus immédiatement.











