Publié le 2025-11-20 06:00:00. Bristol Myers Squibb est au cœur d’une controverse en Irlande après avoir tenté de récupérer des sommes importantes auprès d’employés, estimant qu’ils avaient indûment bénéficié d’un congé parental payé. L’affaire, portée devant la Commission des relations du travail (WRC), met en lumière une erreur administrative et soulève des questions sur les pratiques de l’entreprise.
- Une employée, Adrienne Doyle, est réclamée de rembourser plus de 20 000 € suite à une erreur concernant son congé parental.
- L’entreprise a également demandé à une dizaine d’autres employés de rembourser des sommes allant de 3 000 € à 11 000 €.
- L’avocat de Bristol Myers Squibb a reconnu une « erreur administrative » mais maintient le droit de l’entreprise à récupérer les sommes.
Adrienne Doyle, mère de deux enfants et originaire d’Ashbourne, dans le comté de Meath, conteste la légalité de la demande de remboursement de 870 € par mois sur deux ans. Elle a déposé une plainte auprès de la Commission des relations du travail (WRC), invoquant la loi sur le paiement des salaires de 1991.
L’affaire remonte à octobre 2023, lorsque Bristol Myers Squibb a annoncé un nouveau programme, « Bristol Myers Squibb Ireland Reimagined », incluant un droit « amélioré » au congé parental payé. Lors d’une réunion publique, il avait été annoncé que les parents d’enfants de moins de deux ans pourraient bénéficier d’un maintien de salaire complet pendant 12 semaines, contre 7 semaines de congé légal.
Mme Doyle a sollicité et obtenu ce congé de 12 semaines en janvier 2024, après avoir consulté le portail des ressources humaines de l’entreprise. Cependant, cinq mois plus tard, elle a reçu une notification lui indiquant un « trop-payé », l’entreprise invoquant désormais des critères d’éligibilité selon lesquels l’enfant devait être né le 1er janvier 2024 ou après. Son plus jeune enfant avait déjà un an lors de la réunion d’octobre 2023.
« Ces critères n’ont pas été publiés au moment de ma candidature ni au moment de l’approbation de mon congé », a déclaré Mme Doyle à la WRC.
« Je n’aurais pas postulé pour ce congé si je n’avais pas rempli ces critères. C’est une erreur de l’entreprise qu’un employé en congé n’ait pas reçu d’informations extrêmement critiques. »
Adrienne Doyle, employée de Bristol Myers Squibb
L’entreprise n’a mis à jour sa documentation sur le congé parental qu’en mars 2024, et Mme Doyle n’a été informée de ce changement qu’en octobre, lors de la demande de remboursement.
Kiwana Ennis, avocate représentant Bristol Myers Squibb, a reconnu l’existence d’une « erreur administrative » mais a souligné que l’entreprise avait le droit de récupérer les sommes conformément à la loi.
« L’entreprise doit reconnaître cette situation, qui est très malheureuse, et je peux certainement comprendre la position de Mme Doyle à cet égard ; elle s’est produite en raison d’une erreur administrative de la part de l’entreprise. Il y a évidemment eu une erreur, notre erreur, mais cela ne donne pas lieu à un droit contractuel. »
Kiwana Ennis, avocate de Bristol Myers Squibb
L’avocate a précisé que dix autres employés avaient également reçu des demandes de remboursement, allant de 3 000 € à 11 000 €, et que tous avaient accepté de rembourser. Elle a également indiqué que Mme Doyle avait la possibilité d’utiliser ses jours de congé annuel et ses primes pour compenser le montant dû.
L’arbitre Michael MacEntee a exprimé son étonnement face au montant demandé à Mme Doyle.
« Demander à quelqu’un de rembourser 20 000 € ; cela représente une somme d’argent substantielle. »
Michael MacEntee, arbitre de la WRC
Il s’est interrogé sur la possibilité d’un échéancier de remboursement plus long, soulignant que la demande initiale de remboursement en trois mois, correspondant à la totalité du salaire de Mme Doyle, était « évidemment ridicule ».
M. MacEntee doit communiquer sa décision aux parties par écrit dans un délai rapproché.
