Phoenix est au bord de l’histoire. Après deux saisons de reconstruction, le Mercury dispute la finale de la WNBA, un exploit rendu possible par une vision audacieuse et un retour aux sources pour son directeur général, Nick U’ren.
À retenir
- Le Phoenix Mercury, sous la direction de Nick U’ren, a réussi à se qualifier pour la finale de la WNBA en seulement deux ans.
- La philosophie de U’ren, axée sur la compétence, la polyvalence et la création d’une culture positive, est au cœur de ce succès.
- Le retour de U’ren à Phoenix, sa ville natale, est un moment particulièrement significatif, symbolisant l’aboutissement d’un long parcours.
U’ren, assis dans les coulisses avant le troisième match de la finale contre les Las Vegas Aces, se souvient des choix difficiles qui ont mené à ce moment. « Nous avions terminé avec la période d’acquisition de joueuses », explique-t-il, l’excitation palpable dans sa voix. « Nous avons échangé Alyssa Thomas, Satou Sabally… J’étais épuisé. » Il a ensuite confié à ses collaborateurs, Fleur McIntyre et Preston Fawcett, de recruter de nouveaux talents, ce qui a conduit à la découverte de Monique Akoa Makani et Kat Westbeld.
Mais U’ren insiste sur le fait que le succès du Mercury ne repose pas uniquement sur les acquisitions de joueuses. Il souligne l’importance de l’équipe dans son ensemble, mettant en avant le talent d’Alyssa Thomas, le potentiel de Satou Sabally, les qualités de Kahleah Copper et le leadership de l’entraîneur Nate Tibbetts. Il veut que l’attention soit portée sur l’équipe, et non sur lui.
Cette philosophie est le fruit d’une longue maturation. Bob Myers, ancien président des opérations de basket-ball des Golden State Warriors, où U’ren a travaillé pendant cinq ans, témoigne de son dévouement et de son intelligence. « Il se soucie vraiment de ce qu’il fait. Il était très studieux. Il a une compréhension profonde du fonctionnement d’une organisation. Il y a une authenticité chez lui qui inspire confiance. »
U’ren a mis en place une nouvelle culture basée sur la responsabilité, la confiance et la joie. Il a assemblé une équipe talentueuse et profonde, et Nate Tibbetts a su en faire une force collective. « Il a vu beaucoup de victoires », confirme Myers. « Il est solide comme un roc. Son intelligence émotionnelle est incroyable. Il fait les choses de la bonne manière. »
Le retour de U’ren à Phoenix, sa ville natale, est un moment particulièrement poignant. L’arène, décorée aux couleurs du club, lui rappelle son enfance en tant que fan passionné. « Ce match a une signification particulière pour moi », confie-t-il. « J’ai quitté un poste prestigieux chez Golden State pour vivre un moment comme celui-ci, avec mon équipe, dans ma ville. »
L’acquisition d’Alyssa Thomas, en début d’année, illustre parfaitement la philosophie de U’ren. Thomas, qui avait déjà joué avec l’équipe nationale américaine, était attirée par la vision du Mercury et par la possibilité de maximiser son potentiel. « Je voulais savoir comment je m’intégrerais dans le système et comment ils allaient m’aider à progresser », explique-t-elle.
U’ren a recruté Nate Tibbetts en 2024, impressionné par sa vision du jeu. Ils se connaissaient depuis leurs années respectives à Portland, où ils étaient adversaires. « Nous avons des philosophies similaires », explique U’ren. « Nous privilégions la compétence sur la taille, le tir, la passe et la longueur. Nous recherchons des joueurs polyvalents, capables de prendre des décisions rapides et de mettre la pression défensive. »
« Dès mon premier entretien avec Nate, il m’a dit qu’il voulait que je prenne plus de tirs », se souvient Kahleah Copper. « C’est quelque chose qu’aucun entraîneur ne m’avait jamais dit auparavant. J’ai toujours voulu développer mon jeu, et c’était exactement ce que je cherchais. »
U’ren s’inspire de son expérience auprès de Steve Kerr, l’entraîneur des Golden State Warriors, qui a su transformer une équipe de 51 victoires en une dynastie grâce à sa philosophie de compétence et de mouvement. Il se souvient d’une idée qu’il avait eue en 2015, lors de la finale de la NBA, et qui a été mise en œuvre par Kerr. « Steve m’a donné l’occasion de m’exprimer et de contribuer », explique U’ren. « C’est ce qui a fait de moi le professionnel que je suis aujourd’hui. »
Le succès rapide du Mercury est une validation pour U’ren. Il a mis en pratique les leçons qu’il a apprises auprès des meilleurs et a réussi à construire une équipe compétitive dans sa ville natale. « J’ai passé près d’une décennie à observer et à apprendre », confie-t-il. « Et maintenant, je suis de retour à la maison. »
