Publié le 18 novembre 2025 à 23h28. Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) établit un lien entre l’utilisation prolongée de la pilule contraceptive orale et un risque accru de cancer du col de l’utérus, particulièrement chez les femmes déjà infectées par le virus du papillome humain (VPH).
- L’utilisation de la pilule contraceptive pendant 5 à 9 ans est associée à un risque presque triplé de cancer du col de l’utérus.
- Ce risque quadruple pour les femmes utilisant la pilule depuis plus de 10 ans.
- L’étude souligne que le VPH et un nombre élevé de grossesses sont des facteurs de risque indépendants qui peuvent amplifier l’effet de la pilule.
Des recherches menées par des autorités sanitaires, analysant huit études réalisées en Thaïlande, aux Philippines, au Maroc, au Brésil, au Pérou, au Paraguay, en Colombie et en Espagne, révèlent que l’utilisation à long terme de contraceptifs oraux augmente le risque de cancer cervical. Cette forme de cancer demeure la plus répandue chez les femmes dans de nombreux pays en développement, avec un risque à vie pouvant atteindre 5 % dans certaines régions d’Afrique, d’Inde et d’Amérique latine, contre seulement 1 % en Europe et en Amérique du Nord.
L’étude s’est concentrée sur les femmes déjà infectées par le VPH, un virus considéré comme une condition préalable au développement du cancer du col de l’utérus dans plus de 99 % des cas diagnostiqués, notamment au Royaume-Uni. Les résultats indiquent que les femmes porteuses du VPH ayant eu sept grossesses ou plus à terme présentent un risque 3,8 fois plus élevé de développer la maladie que celles infectées mais n’ayant jamais accouché.
Silvia Franceschi, l’une des auteures de l’étude, explique que ces différents facteurs agissent comme des « multiplicateurs de risques indépendants ». Selon ses observations, le risque est presque 12 fois plus élevé chez les femmes séropositives pour le VPH ayant eu plus de cinq grossesses à terme et prenant la pilule contraceptive depuis plus de cinq ans, comparativement aux femmes séropositives pour le VPH n’ayant jamais utilisé la pilule et n’ayant pas eu d’enfants.
Les chercheurs n’ont pas pu déterminer avec précision le type de pilule utilisé dans les études analysées. Ils notent également que les dosages pourraient être supérieurs à ceux couramment prescrits aujourd’hui en Europe, certaines données datant de la fin des années 1980. Cependant, d’autres recherches suggèrent un effet similaire avec les préparations à base de progestérone.
Face à ces résultats, l’Association de planification familiale et de recherche sur le cancer du Royaume-Uni invite les femmes à ne pas s’inquiéter outre mesure. L’organisation souligne que les bénéfices de la contraception orale, notamment la réduction du risque de cancer des ovaires et de l’utérus, dépassent les risques pour la majorité des femmes.
« Il est crucial d’assister régulièrement aux rendez-vous de dépistage précoce (test Pap), car ils permettent de détecter d’éventuels changements avant qu’ils ne se transforment en cancer. »
Association de planification familiale et de recherche sur le cancer du Royaume-Uni
