Publié le 3 novembre 2023. Avec l’arrivée de la saison des pluies à Jakarta, une nouvelle menace invisible plane : la contamination de l’eau de pluie par des microplastiques, soulevant des inquiétudes quant à leur impact sur la santé publique.
- Une étude de 2022 a révélé la présence de microplastiques dans l’eau de pluie à Jakarta.
- L’inhalation ou l’ingestion de ces particules peut entraîner leur pénétration dans l’organisme.
- Environ 8 millions de tonnes de déchets plastiques ne sont pas traités chaque année en Indonésie, aggravant le problème.
La saison des pluies, synonyme de renouveau pour Jakarta, s’accompagne cette année d’une préoccupation inédite. Au-delà des risques habituels liés aux inondations et aux maladies hydriques, les habitants pourraient devoir se protéger non seulement de l’eau, mais aussi de ce qu’elle transporte : des microplastiques. Une étude menée en 2022 par des chercheurs de l’Agence nationale de recherche et d’innovation (BRIN) a confirmé la présence de ces particules dans les échantillons d’eau de pluie collectés dans la capitale indonésienne.
Ces microplastiques proviennent de la dégradation de matériaux et de produits plastiques plus importants. Si légères, ces particules s’envolent et flottent dans l’air au-dessus de la ville, avant d’être entraînées par les précipitations et de se déposer sur le sol et dans les cours d’eau. L’étude souligne que l’inhalation ou l’ingestion de gouttes de pluie contaminées peuvent permettre aux microplastiques de pénétrer dans le corps humain. La pollution atmosphérique, même pendant la saison sèche, est également pointée du doigt comme une source d’exposition à ces particules.
Les chercheurs estiment qu’il pourrait être inévitable que des microplastiques pénètrent dans l’organisme et s’accumulent dans le sang ou les organes, quelle que soit la météo. Cette découverte n’est qu’un symptôme d’un problème bien plus vaste : la pollution plastique, alimentée par une surconsommation effrénée et une gestion inadéquate des déchets.
Les auteurs de l’étude de 2022 craignent que la situation ne se soit même aggravée depuis la réalisation de leurs travaux, en raison de l’utilisation croissante de plastiques dans notre vie quotidienne. Si le plastique a indéniablement révolutionné de nombreux secteurs grâce à sa flexibilité et à sa durabilité, sa gestion des déchets représente un défi majeur. Selon le ministère de l’Environnement, environ 8 millions de tonnes de déchets plastiques générés chaque année en Indonésie ne sont pas traités et finissent dans les décharges, où ils se décomposent en particules de plus en plus petites, contaminant ainsi l’air et l’eau.
La situation est d’autant plus préoccupante que certaines zones, dépourvues de systèmes de collecte des déchets efficaces, recourent à l’incinération des plastiques. Ce processus libère un cocktail de produits chimiques toxiques, potentiellement dangereux pour la santé à long terme, affectant le système immunitaire, les hormones et pouvant entraîner des problèmes de reproduction et de développement.

