Publié le 7 octobre 2025 13:22:00. Face à une vague croissante d’intoxications alimentaires liées au programme national de repas gratuits, une initiative citoyenne indépendante a été lancée pour surveiller et évaluer l’efficacité et la sécurité de cette politique phare du président Prabowo.
- Un organisme de surveillance indépendant, « Gratuit Nutritious Meal Watch », a été créé pour enquêter sur les problèmes liés au programme de repas gratuits.
- Près de 10 000 cas de maladies d’origine alimentaire ont été recensés en moins de dix mois depuis le lancement du programme.
- Des organisations de la société civile pointent du doigt la corruption, l’ingérence militaire et les conflits d’intérêts au sein du programme.
L’inquiétude grandit en Indonésie concernant le programme de repas gratuits lancé en janvier dernier par le président Prabowo. Mardi, une plateforme de signalement a été mise en ligne, permettant au public de dénoncer les problèmes de qualité des aliments, les manquements à l’hygiène et tout autre incident lié à cette initiative. Les données collectées serviront à formuler des recommandations politiques à destination du gouvernement.
Selon le Center for Economic and Law Studies (Celios), près de 10 000 cas de maladies d’origine alimentaire ont été enregistrés en lien avec le programme. Wahyudi Askar, directeur des politiques publiques de Celios, a souligné une augmentation notable des incidents depuis juillet, coïncidant avec des pressions exercées sur les cuisines désignées pour distribuer des repas même en l’absence de préparation adéquate.
« Si le programme n’est pas interrompu, nous pouvons voir une augmentation exponentielle des cas. »
Wahyudi Askar, directeur des politiques publiques de Celios
Cette plateforme de signalement s’inspire de l’initiative Laporcovid, utilisée avec succès pendant la pandémie de COVID-19. Elle vise à donner une voix au public, à encourager une approche basée sur les retours d’expérience et à réaliser une évaluation complète du programme de repas gratuits.
Transparency International Indonesia (TII) et le Jakarta Legal Aid Institute (LBH Jakarta), ainsi que d’autres organisations de conseil en santé, ont exprimé de vives préoccupations quant à la corruption potentielle, à l’ingérence militaire et aux conflits d’intérêts qui pourraient affecter le programme. Ils estiment que cette politique ne profite pas aux petits producteurs alimentaires et représente un risque pour la santé des enfants. Les maladies d’origine alimentaire se propagent à mesure que le gouvernement minimise la crise des repas gratuits.
