Publié le 6 janvier 2026 à 06h00. L’année commence sur une note mitigée pour les finances personnelles : si quelques mesures fiscales allègent la charge pour certains, d’autres, comme l’absence d’indexation des tranches d’imposition, pourraient peser sur le pouvoir d’achat de nombreux contribuables.
- Une baisse de l’impôt sur les plus-values et une augmentation des seuils d’exonération pour les retraites pourraient profiter à certains épargnants.
- Le nouveau fonds de pension universel « Mon futur fonds » débute en janvier, avec des cotisations obligatoires pour les salariés gagnant plus de 20 000 € par an.
- L’augmentation du PRSI (contribution sociale) et l’absence d’indexation des tranches d’imposition risquent de réduire le revenu disponible de nombreux ménages.
L’année 2026 ne sera pas celle des grandes largesses financières. Alors que le premier bulletin de paie de l’année est traditionnellement synonyme de nouvelles mesures budgétaires, la stratégie actuelle, axée sur la prudence, se traduit par des économies limitées. Les finances personnelles seront donc mises à l’épreuve, et il faudra redoubler d’attention à la gestion du budget.
Néanmoins, quelques évolutions fiscales pourraient apporter un soulagement à certains contribuables.
1. Allègement de l’impôt sur les plus-values
L’annonce faite lors du budget d’octobre d’une réduction de l’impôt sur les plus-values de trois points de pourcentage, passant de 41 % à 38 %, est une bonne nouvelle pour les investisseurs. Cet impôt s’applique aux gains réalisés sur les contrats d’assurance-vie nationaux, certains contrats étrangers et les fonds d’investissement domiciliés en Irlande, ainsi que sur les fonds situés dans certains pays ayant conclu un accord de double imposition avec l’Irlande, notamment les ETF (Exchange Traded Funds).
Malgré cette baisse, l’impôt sur les plus-values reste supérieur à celui sur les gains en capital ou au Dirt (Deposit Interest Retention Tax), tous deux taxés à un taux de 33 %. Prenons l’exemple d’un investissement initial de 100 000 € dans un fonds suivant l’indice S&P 500, qui a généré un gain d’environ 88 % sur les cinq dernières années. En encaissant ce fonds aujourd’hui, l’investisseur devra s’acquitter d’un impôt de 33 440 €. Si l’encaissement avait eu lieu en décembre, l’impôt aurait été de 36 080 €, soit 2 640 € de plus.
Les investisseurs envisageant d’encaisser des placements devraient donc évaluer l’opportunité d’attendre une éventuelle nouvelle baisse de cet impôt. Le ministre des Finances, Simon Harris, a indiqué qu’une révision de la fiscalité sur les investissements de détail serait à l’étude au début de l’année.
2. Seuil d’exonération des retraites en hausse
Une augmentation du seuil standard de fonds (SFT) entrera en vigueur en janvier, ce qui profitera aux détenteurs de régimes de retraite importants. Cette mesure, annoncée en 2024, fait suite à des difficultés de recrutement dans le secteur public, liées à la taxation des retraites excédentaires.
Le SFT représente le montant maximal que vous pouvez épargner pour votre retraite avant que des impôts supplémentaires ne s’appliquent. Fixé à 2 millions d’euros depuis 2014, tout montant supérieur était soumis à une taxe excédentaire de 40 %. Le SFT augmentera de 200 000 € en janvier, puis de nouveau de 200 000 € jusqu’en 2029, atteignant ainsi 2,8 millions d’euros. Cette mesure offrira une plus grande flexibilité et une fiscalité plus avantageuse à ceux qui peuvent maximiser leur épargne-retraite.
3. Cotisations de retraite : le nouveau fonds « Mon futur fonds »
Janvier marque le lancement du nouveau fonds de pension universel « Mon futur fonds ». Environ 800 000 salariés seront concernés par ce dispositif, qui prévoit une contribution totale de 3,5 % sur les trois premières années (1,5 % à la charge du salarié, 1,5 % à la charge de l’employeur et 0,5 % à la charge de l’État). Parallèlement, les employeurs qui gèrent des régimes de retraite d’entreprise devront désormais garantir une cotisation minimale de 3,5 % pour tous les membres de leur régime, dont au moins 1,5 % à la charge de l’employeur.
Ainsi, un salarié gagnant 35 000 € qui n’avait auparavant aucune épargne-retraite privée bénéficiera désormais d’une contribution annuelle de 1 225 €, dont au moins 700 € proviendront de son employeur ou de l’État.
4. Avantages pour les propriétaires bailleurs
Les propriétaires bailleurs bénéficieront d’un allègement fiscal lors de leurs déclarations de revenus en octobre/novembre. Le programme d’allègement des revenus locatifs des locaux résidentiels (RPRIR), annoncé en 2023, vise à encourager les petits propriétaires à rester sur le marché locatif. L’allègement est égal à 20 % des revenus locatifs du propriétaire, et le plafond passera de 3 000 € à 4 000 € pour les déclarations fiscales de 2025, puis à 5 000 € pour l’année fiscale 2026. Cela se traduira par une économie d’impôt de 600 € en 2024, de 800 € en 2025 et de 1 000 € en 2026.
5. Augmentation des prestations sociales
Une décision budgétaire positive est l’augmentation des prestations sociales. Les bénéficiaires de la pension d’État la plus élevée verront leur allocation augmenter de 10 € pour atteindre 299,30 € par semaine. La plupart des autres allocations sociales hebdomadaires connaîtront une augmentation similaire, et les plafonds de revenus seront également revalorisés. Par exemple, le revenu non pris en compte pour l’allocation hebdomadaire d’aide à domicile passera de 625 € à 1 000 € pour une personne seule et à 2 000 € pour un couple. L’allocation de carburant augmentera de 5 € pour atteindre 38 € par semaine, et l’allocation de soins à domicile augmentera de 20 € pour atteindre 380 € par mois.
Deux facteurs de risque pour le pouvoir d’achat
1. Augmentation du PRSI
Vous avez peut-être déjà constaté une augmentation d’environ 0,1 % de votre PRSI (contribution sociale) sur votre bulletin de paie en octobre dernier. Une nouvelle augmentation, plus importante, de 0,15 %, est prévue en octobre. Cette augmentation du PRSI vise à financer les retraites à long terme. L’impact annuel peut sembler faible – par exemple, une personne gagnant 60 000 € paiera 68 € de plus en PRSI cette année, selon les chiffres de PwC – mais cela représente une augmentation de 4 % des taux de classe A entre septembre 2024 et octobre 2026.
2. Absence d’indexation des tranches d’imposition
Le principal facteur de perte de pouvoir d’achat est l’absence d’indexation des tranches d’imposition. Bien qu’aucune augmentation d’impôt n’ait été annoncée, le fait de ne pas ajuster les tranches en fonction de l’inflation signifie que de nombreux contribuables verront leur revenu réel diminuer. Si vous bénéficiez d’une augmentation de salaire et que vos revenus se situent autour de la fourchette standard (44 000 €), une grande partie de cette augmentation sera absorbée par un impôt majoré de 40 %. Selon les chiffres de Revenue, plus d’un million de foyers fiscaux paieront l’impôt au taux le plus élevé cette année, soit 30 % de tous les foyers fiscaux.
