Les écarts de performance entre les collèges privés sous contrat et les établissements publics en France se sont encore accentués en 2025, selon les dernières évaluations nationales réalisées en début d’année scolaire. En mathématiques et en français, les élèves des collèges privés sous contrat occupent désormais près de 46 % des places dans les groupes les plus performants, contre 40 % en 2017. À l’inverse, les élèves dits « à besoins éducatifs particuliers » ne représentent que moins de 10 % des effectifs dans le privé, contre 38 % dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+).
Répartition inégale des élèves selon les niveaux de performance et les besoins éducatifs
Les résultats en sixième montrent que 45,9 % des collégiens du privé sous contrat figurent parmi les deux groupes les plus performants en français, contre 32 % dans les collèges publics hors éducation prioritaire. En mathématiques, les écarts sont tout aussi marqués, avec des différences de 35 points entre les élèves des REP+ et ceux des autres établissements sur un score moyen de 250 points. La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) souligne que ces écarts s’inscrivent dans une tendance de long terme, où le privé progresse davantage depuis 2017, tandis que les performances en quatrième, notamment en français, sont en recul par rapport à 2023.
Analyse des disparités par discipline et par type d’établissement en 2025
Les données révèlent également une ségrégation sociale persistante, avec une concentration des élèves les plus performants dans le privé et une surreprésentation des élèves « à besoins » dans les réseaux prioritaires. Les évaluations, bien que limitées à quatre niveaux du collège, confirment une disparité croissante entre les établissements, entre les filles et les garçons, et entre les zones urbaines et rurales.
Les écarts se creusent : une tendance confirmée par les données
Les résultats des évaluations nationales de début d’année scolaire, passées par plus de 2,4 millions de collégiens, révèlent une tendance inquiétante : les écarts entre les collèges privés sous contrat et les établissements publics se sont accentués depuis 2017. En sixième, les élèves du privé sous contrat sont surreprésentés dans les groupes les plus performants, tandis que les élèves des réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+) sont majoritairement dans les groupes les moins performants.
En français, en sixième :
- 45,9 % des élèves du privé sous contrat se situent dans les deux groupes les plus performants, contre 32 % dans les collèges publics hors éducation prioritaire.
- En REP+, seulement 12,5 % des élèves sont dans les deux groupes les plus performants, contre 9,4 % en 2017.
En mathématiques :
- Les écarts entre les élèves des REP+ et ceux des autres établissements atteignent 35 points sur un score moyen de 250 points.
La DEPP précise que ces évaluations ne couvrent pas l’intégralité des programmes scolaires, mais elles permettent tout de même de mesurer une tendance lourde : la ségrégation sociale et scolaire se renforce. Les élèves « à besoins » sont sous-représentés dans le privé (moins de 10 % en sixième) et surreprésentés dans les REP+ (38 %).
Facteurs structurels expliquant la persistance des inégalités entre privé et public
Plusieurs facteurs expliquent ces disparités. Tout d’abord, la composition sociale des établissements joue un rôle majeur : les collèges privés sous contrat accueillent majoritairement des élèves issus de milieux favorisés, tandis que les REP+ concentrent les élèves en difficulté. Ensuite, les moyens alloués et les ressources pédagogiques diffèrent selon les secteurs.
Enfin, les évaluations internationales (PISA, TIMSS, etc.) confirment cette tendance : les élèves des établissements privés obtiennent systématiquement de meilleurs résultats que ceux du public. Cependant, ces tests standardisés ne permettent pas d’évaluer l’ensemble des compétences, et la DEPP rappelle que ces évaluations ne constituent pas un bilan exhaustif des acquis des élèves.
Que dit la DEPP sur ces résultats ?
La DEPP souligne que, malgré des progrès globaux depuis 2017, les écarts entre les établissements se sont creusés. En sixième, la proportion d’élèves dans les groupes les plus performants a augmenté, mais en quatrième, le score moyen en français est en recul par rapport à 2023. Cette situation interroge sur l’efficacité des politiques éducatives mises en place pour réduire ces inégalités.
Les données montrent également que les filles progressent légèrement plus vite que les garçons en français, mais que les écarts entre les sexes restent sensibles en mathématiques.
Et demain ?
Les résultats des évaluations de 2025 confirment une tendance lourde : les écarts entre le privé et le public, entre les réseaux d’éducation prioritaire et les autres, ainsi qu’entre les zones urbaines et rurales, se creusent. La question qui se pose désormais est celle de l’action publique : comment réduire ces inégalités sans remédier aux causes profondes, à savoir la ségrégation sociale et les disparités de moyens ?
Les prochaines évaluations devront permettre de mesurer l’impact des politiques éducatives mises en place pour réduire ces écarts, notamment dans les REP et REP+. En attendant, les données actuelles rappellent une réalité : l’école française reste profondément inégalitaire, et les écarts entre les établissements ne cessent de se creuser.
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