Publié le 6 janvier 2026 10h51. Un nouveau système de gestion des interventions de la police routière en Bohême centrale, baptisé DYNAMO, est critiqué pour avoir paradoxalement augmenté le temps d’attente des secours sur les lieux d’accidents.
- Le projet DYNAMO, censé optimiser le déploiement des forces, a entraîné une hausse de plus de 50 % du temps d’arrivée des patrouilles.
- Des policiers dénoncent des situations où ils doivent parcourir plus d’une heure pour rejoindre un accident, parfois au détriment de la sécurité de leur propre secteur.
- L’évaluation du projet, prévue début 2026, déterminera s’il sera maintenu ou abandonné.
La police routière de la région de Bohême centrale a mis en place, depuis l’année dernière, un dispositif expérimental nommé DYNAMO (gestion dynamique des forces et des ressources du service des transports dans le traitement des accidents de la circulation). L’objectif était de mieux répartir les équipes et de réduire la charge de travail des services les plus sollicités, notamment en permettant aux patrouilles de se déplacer entre départements territoriaux. Or, selon des sources internes, le résultat est loin d’être celui escompté.
La région est divisée en treize zones territoriales, chacune disposant d’une patrouille d’intervention. Dans de nombreux cas, cette unique équipe est responsable de la gestion initiale des conséquences d’un accident, de la sécurisation des lieux à la prise en charge des victimes. Le système DYNAMO, en libérant des patrouilles d’un secteur pour les envoyer en renfort ailleurs, crée parfois des vides et allonge les délais d’intervention.
« Des situations absurdes »
Le principe de DYNAMO repose sur la mutualisation des ressources entre les différents districts. Lorsqu’un accident survient dans une zone où une patrouille est temporairement indisponible, une équipe du département voisin est dépêchée sur les lieux. C’est précisément ce mécanisme qui pose problème, selon plusieurs policiers.
« Il en résulte des situations absurdes. Par exemple, une patrouille qui termine un accident à l’ouest de Prague est ensuite appelée sur un accident de la route à l’autre bout de la région, où il faut une heure à une heure et demie pour voyager en voiture. L’inconvénient est aussi que les policiers n’ont pas les connaissances locales nécessaires sur le territoire d’autres secteurs, ce qui ralentit légèrement leur travail. »
Source policière, souhaitant rester anonyme
Les données de la préfecture régionale de police confirment cette tendance. Le temps moyen d’arrivée des patrouilles est passé de 12 minutes et 55 secondes en 2024 à 20 minutes et 39 secondes en 2025. Bien que la porte-parole de la police, Vlasta Suchánková, précise que ce calcul ne tient pas compte des premières interventions de sécurisation réalisées par d’autres équipes, la situation suscite l’inquiétude.
Selon Vlasta Suchánková, le projet DYNAMO visait également à alléger la charge administrative des services les plus sollicités et à évaluer la possibilité de gérer les accidents avec un effectif réduit.
« Une partie des policiers sont insatisfaits de ce projet test, pour diverses raisons. Nous résolvons les problèmes qui sont à l’origine du mécontentement des policiers non seulement lors de réunions planifiées, de vidéoconférences, mais aussi en personne, lorsque nous nous transmettons des informations sur l’intention et la mise en œuvre de ce projet test DYNAMO. Les avantages et les inconvénients obtenus serviront de base à l’évaluation du projet DYNAMO. »
Vlasta Suchánková, porte-parole de la direction régionale de la police de Bohême centrale
Parallèlement à DYNAMO, la police routière de Bohême centrale expérimente également l’utilisation de « petites voitures d’intervention », composées de techniciens de la police judiciaire et d’accidentologues. Ces équipes sont équipées de drones pour la documentation des lieux d’accident et d’outils de pointe pour la mesure et l’analyse des circonstances.
Le chef de la police de la circulation, Michal Hodboï, a annoncé qu’une évaluation complète du projet DYNAMO serait effectuée début 2026. Il a souligné l’importance de déterminer si le système est réellement bénéfique en termes de temps de trajet et d’utilisation des ressources.
« Bien sûr, le fait qu’il s’agisse d’un test signifie que tout ne doit pas nécessairement fonctionner à 100 pour cent. Nous trouvons intéressant du point de vue qu’ils essaient de répartir les forces et les ressources de manière à réduire la charge de personnel. Bien entendu, le système doit avoir un sens en termes de temps de trajet et, par exemple, d’usure des moyens de transport. Ce sera le sujet de la publication en janvier. »
Michal Hodboï, chef de la police de la circulation
