Publié le 16 janvier 2024 14h30. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a échangé avec les présidents des deux chambres du Parlement autrichien à Vienne sur des dossiers cruciaux pour l’Union européenne, notamment l’accord commercial avec le Mercosur, l’élargissement aux Balkans occidentaux et la réduction des contraintes administratives.
- Le vote sur l’accord UE-Mercosur au Parlement européen s’annonce incertain, la question de sa compatibilité avec les traités européens étant encore en suspens.
- L’Autriche maintient ses réserves concernant l’accord Mercosur, notamment en raison des préoccupations liées à l’agriculture, mais le Parlement européen assure avoir pris bonne note de ces inquiétudes.
- L’intégration des pays des Balkans occidentaux dans l’UE est jugée essentielle pour éviter l’influence d’autres puissances et nécessite une approche basée sur les progrès réalisés par les candidats.
Lors d’une visite à Vienne, Roberta Metsola a rencontré Walter Rosenkranz, président du Conseil national, et Markus Stotter, président du Conseil fédéral. Les discussions ont porté sur un large éventail de sujets, reflétant les défis et les priorités actuelles de l’Union européenne.
L’accord commercial avec le Mercosur a occupé une place centrale dans les échanges. Si la signature de l’accord est prévue ce samedi, son approbation par le Parlement européen, prévue mercredi prochain, reste incertaine. Roberta Metsola a souligné que la première étape consistera à déterminer si la Cour de justice européenne sera saisie pour examiner la conformité de l’accord avec le droit européen. Elle a reconnu la difficulté de prévoir l’issue du vote.
« Il est impossible de prédire comment se déroulera le vote. »
Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen
Walter Rosenkranz a rappelé la position du Parlement autrichien, qui s’oppose actuellement à l’accord en raison des craintes exprimées par le secteur agricole. Roberta Metsola a assuré que le Parlement européen était conscient de ces préoccupations. Elle a précisé que le prochain accord commercial avec l’Inde avait été conçu spécifiquement pour exclure les produits agricoles, afin de répondre à ces inquiétudes.
Markus Stotter a également fait part du souhait des agriculteurs autrichiens de bénéficier d’une appellation d’origine européenne pour leurs produits.
L’élargissement de l’Union européenne aux pays des Balkans occidentaux a également été abordé. Walter Rosenkranz a insisté sur l’importance de ne pas négliger ce processus, afin d’éviter que d’autres acteurs internationaux ne prennent de l’influence dans la région. Roberta Metsola a partagé ce point de vue, soulignant la nécessité d’offrir une perspective européenne aux pays candidats.
« L’Europe doit donner une perspective aux pays, sinon ils seront perdus. »
Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen
Elle a préconisé une approche basée sur la performance, reconnaissant les progrès réalisés par les pays candidats, citant par exemple l’accès à l’itinérance de l’UE.
Walter Rosenkranz a rappelé l’engagement de l’Autriche en faveur de l’intégration des États des Balkans occidentaux, évoquant notamment les projets de jumelage et les bourses d’études offertes aux employés des parlements de ces pays.
Enfin, les discussions ont porté sur la simplification administrative et la migration. Roberta Metsola a souligné que les citoyens et les entreprises souhaitaient une réduction des contraintes réglementaires de l’UE, avec pour objectif d’économiser plus de 40 milliards d’euros d’ici 2030 grâce à une meilleure réglementation. Elle a estimé que l’UE était sur la bonne voie.
Concernant la migration, elle a noté un débat passionné et idéologique, malgré une diminution de la pression migratoire. L’UE a réalisé des progrès significatifs, notamment dans l’identification des pays tiers sûrs. Markus Stotter a souligné l’importance de la sécurité des frontières extérieures de l’UE et de la répartition équitable des réfugiés entre les États membres.
Des photos de cette visite sont disponibles sur le Portail Web du Parlement.
