Les prix du pétrole ont connu une forte baisse jeudi, effaçant une partie des gains accumulés ces derniers jours, après des déclarations du président américain Donald Trump qui ont apaisé les craintes d’une intervention militaire imminente contre l’Iran. Cette détente intervient après une période de tensions croissantes liées à la répression des manifestations en Iran.
Le baril de pétrole brut Brent, référence mondiale, a perdu 4,15 %, soit 2,76 dollars américains (environ 2,55 euros), pour clôturer à 63,76 dollars (environ 58,70 euros). Le brut léger de l’Ouest du Texas (WTI) a quant à lui reculé de 4,56 %, soit 2,83 dollars (environ 2,60 euros), pour s’établir à 59,19 dollars (environ 54,40 euros) le baril.
Mercredi, Donald Trump avait affirmé avoir reçu des informations de sources « très fiables » en Iran indiquant que « les exécutions avaient cessé ». Il avait déclaré : « On m’a dit de source sûre qu’il n’y avait pas de projets d’exécutions. » La Maison Blanche a précisé qu’elle continuait de surveiller de près la situation.
Parallèlement, le département du Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre de responsables iraniens, dont Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. Ces sanctions font suite à la répression violente des manifestations qui ont éclaté en Iran, au cours desquelles des centaines de personnes auraient été tuées.
Donald Trump avait à plusieurs reprises menacé de réagir en cas de nouvelles exécutions ou de violences contre les civils. La semaine précédente, les prix du pétrole avaient grimpé en flèche après l’annulation par le président américain de rencontres avec des représentants iraniens et sa promesse d’une aide aux manifestants, ainsi que des informations faisant état d’un possible déploiement militaire américain.
Des médias, dont Reuters et la BBC, avaient rapporté que du personnel américain et britannique était en cours de déplacement depuis la base aérienne d’Al Udeid au Qatar. Le gouvernement américain avait également conseillé à ses citoyens de quitter l’Iran par voie terrestre, en direction de l’Arménie ou de la Turquie, en se préparant à un départ autonome : « Quittez l’Iran maintenant. Préparez un plan de sortie qui ne dépende pas de l’aide du gouvernement américain », indiquait l’ambassade virtuelle des États-Unis en Iran.
Selon Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank, les commentaires de Donald Trump sur l’arrêt des exécutions ont été interprétés par les marchés comme un signal d’un possible report d’une intervention militaire américaine. « Toutefois, la prudence reste de mise, notamment compte tenu du caractère imprévisible des actions américaines, comme en juin 2025 », a-t-il souligné. Il a également rappelé que l’Iran est un producteur de pétrole important, représentant 4 % de la production mondiale en 2023, et que les événements qui s’y déroulent peuvent avoir des conséquences significatives sur le marché pétrolier.
