Publié le 18 décembre 2025 05:30:00. Les dirigeants européens se réunissent aujourd’hui pour tenter de débloquer l’utilisation de 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés afin de financer une nouvelle aide à l’Ukraine, une proposition qui se heurte à des résistances, notamment de la Belgique.
- L’Union européenne cherche à mobiliser environ 90 milliards d’euros sur les deux prochaines années pour soutenir l’Ukraine.
- La Belgique freine le projet, craignant d’être tenue responsable en cas de contestation juridique de la Russie.
- L’accord commercial avec le Mercosur, négocié depuis plus de 25 ans, est également à l’ordre du jour du sommet.
À l’approche du sommet européen de ce jeudi, la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, s’est dite confiante dans la capacité des États membres à trouver un accord sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine. Selon elle, des solutions ont déjà été trouvées dans des situations bien plus complexes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyj devrait participer à la réunion pour plaider en faveur de cette utilisation des fonds russes. Kiev estime que ce financement pourrait permettre à son armée de tenir encore au moins deux ans.
Environ 210 milliards d’euros d’actifs de la banque centrale russe sont actuellement bloqués en raison des sanctions internationales. La proposition de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, consiste à utiliser ces fonds comme garantie pour des prêts accordés à l’Ukraine, afin de couvrir les coûts liés à la guerre.
Cependant, le plan se heurte à l’opposition de la Belgique, où se trouve la majeure partie de ces avoirs, soit environ 185 milliards d’euros. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, exige des garanties pour que son pays ne soit pas seul à assumer les risques en cas de recours juridique de la Russie.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également mis en garde contre une décision hâtive. Elle a souligné la nécessité d’évaluer les risques potentiels, notamment les représailles russes et l’impact sur les budgets nationaux.
« Ce sont des décisions complexes qui ne peuvent être forcées »,
Giorgia Meloni, Première ministre italienne
Par ailleurs, les chefs d’État et de gouvernement européens devraient également aborder l’accord commercial avec le Mercosur. Négocié depuis plus de 25 ans, cet accord est bloqué en raison des préoccupations de plusieurs États membres concernant les conséquences pour leur agriculture. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a averti que son pays se retirera de l’accord si aucune entente n’est trouvée. Plus d’informations sur les blocages de l’accord Mercosur.
Le chancelier fédéral Friedrich Merz a estimé que l’utilisation des avoirs russes est conforme au droit international et aux obligations internationales de l’UE.
Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de prendre une décision aujourd’hui concernant le financement de l’Ukraine. Le président du Conseil de l’UE, António Costa, a quant à lui déclaré vouloir poursuivre les négociations jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.
