Publié le 27 décembre 2025 à 12 h 16. Le gouvernement allemand souhaite faciliter la chasse au loup, suscitant des réactions contrastées parmi les agriculteurs, les chasseurs et les défenseurs de l’environnement, tandis que les Länder se préparent à mettre en œuvre cette nouvelle législation.
- La nouvelle loi permettra aux régions où la population de loups est élevée de limiter leur nombre, avec une saison de chasse du 1er juillet au 31 octobre.
- En cas de prédation sur le bétail malgré les mesures de protection, le tir pourra être autorisé pendant six semaines dans un rayon de 20 kilomètres autour du lieu de l’attaque, même en dehors de la saison de chasse.
- Les zones de digues pourront être déclarées exemptes de loups, afin de faciliter la protection des troupeaux.
Les agriculteurs et les chasseurs allemands réclament depuis longtemps une gestion plus souple de la population de loups, en raison des dégâts causés aux troupeaux. Le gouvernement fédéral entend désormais répondre à ces demandes en intégrant le loup dans la loi sur la chasse, simplifiant ainsi les procédures d’abattage et limitant les pertes de bétail. Les principaux points de cette réforme ont été dévoilés juste avant les fêtes de fin d’année.
En Basse-Saxe, les acteurs ruraux souhaitent une mise en œuvre rapide de cette nouvelle législation. L’association des agriculteurs estime que la loi « doit être adoptée rapidement en début d’année », afin que la chasse puisse débuter le 1er juillet 2026 et éviter une nouvelle augmentation de la population lupine. Le Land devra d’abord transposer la loi fédérale et pourrait adopter un règlement spécifique pour faciliter l’élimination des loups considérés comme problématiques, selon le ministère de l’Environnement de Basse-Saxe. L’examen de la loi est en cours.
Les agriculteurs exigent de la rapidité
Le gouvernement de Basse-Saxe semble toutefois divisé sur l’opportunité de cette réforme. Le ministère de l’Environnement, dirigé par les Verts, se montre sceptique. La ministre de l’Agriculture, Miriam Staudte, va plus loin : elle estime que le projet de loi fédéral n’est pas viable. Elle plaide pour une chasse ciblée sur les loups ayant causé des dégâts.
« Nous rejetons l’élimination préventive des loups. »
Miriam Staudte, ministre de l’Agriculture
En revanche, la Chancellerie d’État, sous la responsabilité du Premier ministre Olaf Lies (SPD), semble vouloir exploiter au maximum les possibilités offertes par la loi. Le processus législatif déterminera précisément comment cela se traduira en pratique.
Ministères verts contre Chancellerie d’État ?
Un « Dialogue Forum Wolf » se tiendra à la mi-janvier, réunissant agriculteurs, chasseurs, défenseurs de l’environnement et représentants du gouvernement de Basse-Saxe. Cependant, seul le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement représentera le Land, les représentants des éleveurs souhaitant se concentrer sur la chasse aux loups problématiques. Les populations rurales, quant à elles, réclament un « plan de gestion » incluant un nombre maximal de loups à capturer chaque année, afin de limiter la croissance de la population. Des positions qui s’annoncent difficiles à concilier.
Table ronde avec potentiel d’argumentations
Les associations de protection de la nature critiquent vivement le projet de loi. Tonja Mannstedt du BUND de Basse-Saxe estime qu’il doit être revu, sous peine de mettre en péril l’existence même du loup.
« Les prélèvements annuels élimineraient rapidement l’espèce localement, voire à grande échelle. »
Tonja Mannstedt, BUND de Basse-Saxe
La Basse-Saxe s’est déjà engagée dans une approche axée sur l’abattage des loups causant des problèmes.
BUND : L’existence du loup est en danger
Les Länder du nord de l’Allemagne, bien que souvent en désaccord, ont trouvé un consensus sur cette question lors de la dernière conférence des ministres-présidents (MPK).
