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Le Royaume-Uni reconnaît officiellement un État palestinien
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé la décision du Royaume-Uni de reconnaître officiellement un État palestinien, plus de 100 ans après la Déclaration Balfour qui soutenait l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine, et 77 ans après la création d’Israël dans le mandat britannique de la Palestine.
“Face à l’horreur croissante au Moyen-Orient, nous agissons pour garder la possibilité de paix et d’une solution à deux États”, a déclaré Starmer dans un communiqué vidéo dimanche.
Le gouvernement britannique avait initialement conditionné la reconnaissance à un moment supposé d’impact maximal, à moins qu’Israël n’arrête sa guerre à Gaza et ne s’engage dans un processus de paix durable, permettant une solution à deux États et une aide accrue à l’enclave.
Cependant, la situation catastrophique à Gaza s’est considérablement détériorée ces dernières semaines, avec la destruction systématique de la ville de Gaza par l’armée israélienne, ainsi que la famine et le déplacement de sa population. Des raids quotidiens et des attaques de colons continuent également en Cisjordanie occupée, Israël planifiant l’annexion du territoire palestinien et l’entrave à l’établissement d’un État palestinien.
Cette décision intervient alors que le Canada et l’Australie ont également officiellement reconnu l’État palestinien, juste avant le début de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, où la souveraineté palestinienne après des décennies d’occupation et d’apartheid israélien sera examinée.
Starmer a promis de nouvelles sanctions contre les dirigeants du Hamas dans les semaines à venir, soulignant que le groupe n’aura aucun rôle dans l’avenir de la Palestine. Il a affirmé qu’un appel à une solution à deux États est l’opposé de la vision du Hamas.
La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré que cette décision historique, prise avec des alliés proches, reflète l’engagement du Royaume-Uni envers une solution à deux États et le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination.
Le vice-Premier ministre britannique, David Lammy, a souligné que la reconnaissance d’un État palestinien s’inscrit dans un processus de paix plus large, qui est au point mort depuis des décennies, et vise à maintenir en vie les perspectives d’une solution à deux États.
Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Varsen Aghabekian Shahin, a salué la reconnaissance comme un message d’espoir pour le peuple palestinien et un signe que “Israël n’a pas de souveraineté sur les territoires de notre État”. Elle a dénoncé les actions d’Israël comme une attaque systématique contre l’existence, la culture et l’avenir du peuple palestinien.
Layla Moran, première représentante d’origine palestinienne au Parlement britannique, a qualifié cette reconnaissance de rectification d’une injustice de plusieurs décennies, tout en soulignant la nécessité de traduire cette décision en changements concrets sur le terrain.
Réactions israéliennes
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la reconnaissance de l’État palestinien de “prix” pour le Hamas, affirmant qu’un État palestinien ne sera pas établi à l’ouest du Jourdain. Il a annoncé qu’Israël réagirait après son retour d’une visite aux États-Unis.
Des ministres israéliens d’extrême droite ont appelé à l’annexion de la Cisjordanie, tandis que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a proposé d’appliquer immédiatement la souveraineté israélienne sur le territoire.
Sommet à New York
La France et l’Arabie saoudite organiseront conjointement un sommet aux Nations Unies à New York pour faire progresser une solution à deux États. Netanyahu prévoit de rencontrer des alliés lors de sa visite aux États-Unis pour discuter des réactions possibles à la reconnaissance. L’annexion de la Cisjordanie reste un objectif principal de l’extrême droite israélienne.
