Publié le 10 octobre 2025 à 22h32. Le New York Times refuse de se soumettre à de nouvelles restrictions imposées par le Pentagone concernant la publication d’informations, marquant une escalade dans les tensions entre la presse et l’administration américaine.
- Le New York Times refuse de signer un accord qui l’empêcherait de publier des informations non autorisées obtenues sur les installations du Département de la Guerre.
- Le Pentagone exige des journalistes qu’ils s’engagent à ne pas divulguer d’informations considérées comme sensibles, même si elles ne sont pas officiellement classifiées.
- Cette politique soulève des inquiétudes quant à la liberté de la presse et au droit du public à l’information.
Le New York Times a annoncé ce vendredi son refus de signer un document proposé par le Département de la Guerre – anciennement connu sous le nom de Département de la Défense – qui limiterait la publication d’informations obtenues lors de visites de ses installations. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la presse et l’administration de Donald Trump, et soulève des questions fondamentales sur la liberté d’information.
Richard Stevenson, directeur du journal à Washington, a déclaré dans un communiqué :
« Les journalistes du New York Times ne signeront pas la politique révisée du Pentagone sur les accréditations de presse, qui menace de les punir pour la collecte régulière d’informations protégées par le Premier Amendement. »
Le Pentagone avait annoncé en septembre dernier qu’il n’autoriserait l’accès à ses installations qu’aux journalistes acceptant de ne pas publier certaines informations. Cette mesure sans précédent confère au ministère un contrôle étendu sur le contenu diffusé par les médias. Stevenson a souligné que cette règle « limite la manière dont les journalistes peuvent couvrir l’armée américaine, qui est financée par près de mille milliards de dollars (1 000 000 000 000 $) des contribuables par an. »
Au cœur de ce refus se trouve une question de principe. « Le public a le droit de savoir comment fonctionnent le gouvernement et l’armée », a insisté Stevenson, affirmant que les médias ont pour mission de défendre l’intérêt public à travers une information « approfondie et juste » et une recherche des faits « inébranlable ».
Selon Sean Parnell, porte-parole du Pentagone, les journalistes doivent s’engager par écrit à ne pas divulguer d’informations classifiées ou considérées comme sensibles, même si ces documents ne sont pas officiellement marqués comme secrets. Parnell avait précisé en septembre que cette nouvelle règle entrerait en vigueur dans un délai de deux à trois semaines et s’appliquerait à tous les médias couvrant le siège du ministère, sans exception.
En mai dernier, Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre, avait déjà annoncé des restrictions d’accès encore plus strictes, en pleine crise consécutive à la fuite d’informations concernant des opérations militaires américaines au Yémen, diffusées via le réseau de messagerie cryptée Signal.
