Publié le 10 novembre 2025 à 23h26. L’intelligence artificielle, de plus en plus présente dans nos vies, suscite des inquiétudes quant à son potentiel addictif, comparable à celui des jeux d’argent ou des substances addictives. Des experts mettent en garde contre les risques, en particulier pour les jeunes.
- L’intelligence artificielle peut créer une dépendance en offrant une gratification instantanée.
- Les professionnels de la santé mentale comparent cette dépendance à celle provoquée par les drogues, l’alcool et les jeux de hasard.
- Des applications existent pour surveiller l’utilisation des chatbots par les enfants, mais leur efficacité varie.
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) soulève des questions sur son impact sur le bien-être psychologique. Si de nombreux utilisateurs apprécient la disponibilité et le soutien apparent des chatbots, des professionnels de la santé mentale tirent la sonnette d’alarme face à un risque de dépendance.
Le Dr Chris Tuell, directeur clinique du Lindner Center of Hope, décrit ces programmes d’IA comme un « meilleur ami » toujours présent.
« C’est un peu comme un meilleur ami, n’est-ce pas ? Il est là pour moi 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il est là dans les bons comme dans les mauvais moments, et je peux toujours compter sur lui quand je ne peux pas compter sur les gens dans ma vie. »
Dr Chris Tuell, directeur clinique du Lindner Center of Hope
Cette disponibilité constante et la réponse immédiate qu’ils fournissent peuvent créer un cercle vicieux, comparable à celui observé dans les addictions classiques.
Selon le Dr Tuell, l’IA agit comme un mécanisme d’adaptation, empêchant les individus de développer des compétences saines pour gérer leurs émotions.
« Souvent, ce que nous constatons avec la dépendance, c’est que ma substance devient un moyen de faire face, et beaucoup de gens sont encore émotionnellement bloqués au moment où ils ont commencé à consommer. Je ne développe pas les compétences nécessaires pour gérer les choses de manière saine. Même chose avec l’IA. »
Dr Chris Tuell, directeur clinique du Lindner Center of Hope
La gratification instantanée déclenche une libération de dopamine dans le cerveau, renforçant le comportement et créant une forme de dépendance neurologique.
Les experts soulignent que le cortex préfrontal, la partie du cerveau responsable de la prise de décision rationnelle et éthique, ne se développe pleinement qu’à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Cela rend les jeunes particulièrement vulnérables à l’attrait des chatbots et à leur potentiel addictif. Il est donc crucial que les parents soient conscients de ces risques et surveillent l’utilisation de ces outils par leurs enfants, de la même manière qu’ils le feraient pour les réseaux sociaux.
Des applications comme Bark et Aura tentent de répondre à cette préoccupation en utilisant l’IA pour surveiller l’activité des chatbots. Aura se concentre sur la détection des applications à haut risque et le suivi du temps passé sur les plateformes de chat, tandis que Bark analyse les interactions pour identifier les comportements potentiellement négatifs. Cependant, l’efficacité de ces outils peut varier en fonction du système d’exploitation du téléphone (Android ou Apple) en raison des restrictions de sécurité et de confidentialité.
En conclusion, il est essentiel de promouvoir une utilisation responsable de l’intelligence artificielle, quel que soit l’âge. Si vous êtes préoccupé par un comportement potentiellement addictif, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé mentale.
