Londres a procédé à ses premières arrestations suite à l’annonce d’une répression contre les appels à une « Intifada mondiale », une initiative controversée qui a suscité des inquiétudes quant à la liberté d’expression et à la sécurité des communautés juives. Ces interpellations interviennent alors que le bilan des victimes à Gaza continue de s’alourdir, dépassant les 70 000 morts.
Quatre personnes ont été arrêtées mercredi devant le ministère de la Justice à Westminster, à Londres, pour avoir scandé ou prononcé des slogans supposés inciter à l’Intifada, a annoncé la police métropolitaine sur le réseau social X. Ces arrestations font suite à l’attaque meurtrière survenue lors d’un festival de Hanouka à Bondi Beach, en Australie, et à une agression contre une synagogue à Manchester, en octobre.
La ministre britannique de la Sécurité, Jess Phillips, a exprimé son soutien à l’action de la police, déclarant : « Je ne vois aucune autre interprétation que celle-ci : cela incite les gens à la violence, ce qui a des conséquences terribles. »
Cependant, Ben Jamal, de la Campagne de Solidarité avec la Palestine, a souligné que le terme arabe « Intifada » signifie « se débarrasser ou se soulever contre l’injustice ». Il a précisé que, dans le contexte palestinien, il désigne un soulèvement civil contre l’occupation militaire et l’expansion illégale des colonies, évoquant les soulèvements historiques de 1987-1993 et de 2000-2005, qui avaient été réprimés avec violence par Israël et avaient fait des milliers de morts.
M. Jamal a critiqué le manque de consultation concernant cette nouvelle position de la police, affirmant que « les forces de l’ensemble de l’establishment politique » utilisaient « la violence raciste grotesque sur la plage de Bondi » pour délégitimer toute protestation contre le « génocide ouvert ».
Les arrestations ont eu lieu lors d’une manifestation de soutien à huit grévistes de la faim, dont la vie est en danger, et qui ont été emprisonnés en raison de leurs liens avec le groupe Palestine Action. La police métropolitaine (Met) et la police du Grand Manchester (GMP) avaient précédemment annoncé qu’elles seraient « plus fermes » dans la surveillance des manifestations pro-palestiniennes afin de contrer un prétendu antisémitisme.
Les organisations juives ont salué cette annonce. Le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, a qualifié cette décision d’« étape importante pour contrer la rhétorique haineuse que nous avons vue dans nos rues, qui a inspiré des actes de violence et de terreur ». Le Community Security Trust (CST), qui œuvre pour la sécurité des Juifs britanniques, a signalé une augmentation des incidents antisémites au Royaume-Uni.
Par ailleurs, on observe une recrudescence de l’islamophobie et d’agressions envers les musulmans au Royaume-Uni, alimentée par des propos racistes, notamment ceux du parti Réformiste de Nigel Farage et de ses partisans.
