Six démarcheurs et leur superviseur ont été inculpés en Pennsylvanie pour des fraudes présumées liées à des formulaires d’inscription électorale collectés avant l’élection présidentielle de l’année dernière. L’enquête, menée pendant un an, suggère que ces agissements étaient motivés par des considérations financières plutôt que par une volonté d’influencer le résultat du scrutin.
À retenir
- Des accusations de falsification de documents et de violations électorales ont été portées contre six démarcheurs et leur superviseur.
- L’enquête pointe vers un système de primes financières illégales incitant à la soumission de formulaires frauduleux.
- Les procureurs estiment que le mobile principal était un gain financier personnel et non une tentative de manipulation électorale.
Contexte
L’affaire concerne des activités menées dans trois comtés de Pennsylvanie à tendance républicaine : York, Lancaster et Berks. Selon le procureur général de Pennsylvanie, Dave Sunday, les accusations ne visent pas à remettre en question l’intégrité du processus électoral. « Nous sommes convaincus que le mobile de ces crimes était un gain financier personnel, et non un complot ou un effort organisé visant à faire basculer une élection en faveur d’un candidat ou d’un parti », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Guillermo Sainz, 33 ans, identifié comme le directeur des campagnes d’enregistrement pour l’entreprise Field+Media Corps, est accusé de trois chefs d’accusation de sollicitation d’enregistrement, une infraction qui interdit d’offrir de l’argent en échange de quotas d’inscription. Les six démarcheurs, quant à eux, sont accusés de falsification sans prêter serment, de falsification de documents publics et de faux, ainsi que de violations de la loi électorale de Pennsylvanie.
L’enquête a révélé que Sainz avait mis en place un système d’incitations financières illégales et de pressions pour atteindre les objectifs de l’entreprise et assurer son financement. Cela aurait incité certains démarcheurs à créer et à soumettre de faux formulaires dans le but d’augmenter leurs gains.
Ce qui change
Les accusations portées pourraient entraîner des sanctions pénales pour les personnes impliquées. L’affaire met également en lumière les risques liés aux pratiques de collecte d’inscriptions électorales basées sur des primes financières. Field+Media Corps, basée à Mesa, en Arizona, avait déclaré l’année dernière être fière de son travail visant à étendre le vote, mais affirmait ne pas avoir connaissance des formulaires d’inscription problématiques. Le site web de l’entreprise ne semble plus accessible.
Everybody Votes, une organisation qui finance Field+Media Corps dans le cadre d’un effort visant à améliorer les taux d’inscription des électeurs dans les communautés de couleur, a affirmé avoir pleinement coopéré à l’enquête et a précisé que son contrat avec Field+Media interdisait les paiements par inscription.
« L’enquête a confirmé que nous soumettons nos partenaires aux normes de contrôle de qualité les plus élevées lors de la collecte, du traitement et de la livraison des demandes d’inscription des électeurs », a déclaré Everybody Votes dans un communiqué.
Prochaines étapes
À ce stade, il n’est pas clair quelles seront les prochaines étapes de la procédure judiciaire. Les accusés devront comparaître devant un tribunal pour répondre aux accusations portées contre eux. L’enquête pourrait également conduire à d’autres révélations concernant les pratiques de collecte d’inscriptions électorales en Pennsylvanie.
Sources
Communiqué de presse du procureur général de Pennsylvanie, Dave Sunday.
