Publié le 15 novembre 2025 05:52:00. La vitamine D, essentielle à la santé osseuse et immunitaire, fait l’objet de débats quant à la dose optimale : certains experts craignent le surdosage, tandis que d’autres explorent des doses élevées pour traiter certaines maladies auto-immunes.
- La vitamine D joue un rôle crucial dans la santé des os, le système immunitaire et peut même avoir des effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire.
- Des doses élevées de vitamine D, bien que potentiellement utiles dans certains cas, peuvent entraîner des effets secondaires comme des troubles digestifs ou, dans des cas graves, des problèmes rénaux.
- Le protocole de Coimbra, utilisant des doses massives de vitamine D pour les maladies auto-immunes, suscite la controverse et nécessite une surveillance médicale étroite.
La vitamine D est bien plus qu’un simple nutriment. Elle est essentielle à la construction et au maintien d’os solides, mais son rôle ne s’arrête pas là. Un apport suffisant en vitamine D peut contribuer à réduire le risque d’infections respiratoires, de maladies auto-immunes et d’autres affections. Selon la Society for Applied Vitamin Research (GVF), des études suggèrent même que la vitamine D pourrait soutenir le système cardiovasculaire et diminuer le risque de maladies cardiaques et d’hypertension artérielle.
Face à ces multiples bienfaits, l’idée de prendre de fortes doses de vitamine D peut sembler séduisante. Cependant, la prudence est de mise. La GVF met en garde contre la prise de fortes doses sans l’avis d’un médecin, surtout sur une période prolongée. Un excès de vitamine D peut entraîner une hypercalcémie, c’est-à-dire un taux de calcium trop élevé dans le sang, provoquant nausées, vomissements, constipation, fatigue, et, dans les cas les plus graves, des problèmes rénaux ou des troubles du rythme cardiaque.
Il est donc impératif de consulter un professionnel de santé avant d’envisager des doses plus importantes. De plus, il est important de distinguer les différentes formes de vitamine D. Helena Orfanos-Boeckel, néphrologue et experte en métabolisme, explique dans son guide « Thérapie nutritionnelle » qu’il existe trois formes principales :
- Précurseur (vitamine D3, cholécalciférol) : Absorbée par les aliments ou produite par la peau grâce à la lumière UVB à partir d’un précurseur du cholestérol.
- 25-OH-D (Calcidiol) : L’hormone de stockage de la vitamine D, généralement mesurée dans le sang pour évaluer le statut vitaminique.
- 1,25-(OH)2-D (Calcitriol) : L’hormone active de la vitamine D, principalement produite par les reins à partir du calcidiol.
Selon le Dr. Orfanos-Boeckel, les avertissements concernant les effets secondaires concernent généralement le calcitriol, qui peut libérer rapidement du calcium des os en grande quantité. Elle considère que des taux élevés de calcidiol de 150 ng/ml ne posent pas de problème si la calcémie reste normale et que le rapport D est inférieur à 1,0. Une bonne thérapie à la vitamine D nécessite donc de surveiller non seulement les niveaux de vitamine D, mais aussi le rapport D.
En termes de dosage, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé une quantité maximale inoffensive pour la plupart des adultes à 4 000 UI par jour. Des doses plus élevées peuvent être recommandées pour les personnes âgées, mais uniquement sous contrôle médical, afin de prévenir la perte de densité osseuse et l’ostéoporose.
Le Dr. Orfanos-Boeckel souligne l’importance d’une approche personnalisée et de la surveillance des valeurs sanguines. Elle estime que la plupart de ses patients ayant un type de peau 2-3 ont besoin de 4 000 à 5 000 UI par jour, accompagnées de calcium, de magnésium, de bore et de vitamine K2, pour maintenir un taux de 25-OH-VD de 60 ng/ml avec un rapport D de 0,5. Certains patients peuvent se contenter de 1 000 UI, tandis que d’autres peuvent nécessiter jusqu’à 20 000 UI par jour.
Le protocole de Coimbra, développé par le neurologue brésilien Dr. Cicero Coimbra, propose des doses particulièrement élevées de vitamine D pour moduler le système immunitaire et ralentir la progression des maladies auto-immunes. Certains patients, sous surveillance médicale, peuvent recevoir jusqu’à 60 000 UI par jour. Susanne Sander, atteinte d’une maladie auto-immune, témoigne avoir pu mettre sa myosite en rémission grâce à ce protocole, comme elle l’explique dans son livre « Vitamine D (…) L’option thérapeutique pour les maladies auto-immunes ».
Cependant, l’efficacité et la sécurité du protocole de Coimbra restent controversées. Certains experts, comme le Dr. Tjalf Ziemssen, directeur du Centre de neurosciences cliniques et de sclérose en plaques de Dresde, le jugent extrêmement dangereux, pouvant entraîner une perte rénale, surtout en cas de régime alimentaire pauvre en calcium. Le Dr. Friedemann Paul, du Centre de recherche expérimentale et clinique de la Charité de Berlin, reconnaît que des rapports de cas suggèrent des effets positifs du protocole de Coimbra sur la sclérose en plaques et d’autres maladies auto-immunes, mais souligne l’absence de preuves scientifiques solides. Il insiste sur le droit des patients à explorer des approches alternatives, tout en soulignant la nécessité d’une surveillance médicale étroite.
Il est également important de noter que les besoins en vitamine D peuvent varier selon le sexe. Les femmes présentent des carences en vitamine D différentes de celles des hommes. De même, les symptômes d’une carence en vitamine D peuvent varier selon l’âge. Enfin, la vitamine D joue un rôle important dans la prévention de la dépression.
